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Travailleurs des transports publics : une première rencontre réussie

5 octobre 2020 Article Entreprises

Samedi 3 octobre s’est tenue à Paris une « réunion des agents des transports publics » à l’appel de l’ex « coordination RATP-SNCF » qui s’était constituée dans la grève de l’hiver dernier, préparée et impulsée avant même le 5 décembre par des militants cheminots du NPA – dont nos camarades de l’Étincelle et ceux de Révolution permanente – et des agents de la RATP. Une soixantaine de salariés du secteur ont pu échanger toute l’après-midi autour de leurs conditions de travail et des perspectives communes qu’ils pourraient se donner.

Dans ce secteur, il n’est pas si courant de réunir des travailleurs de différentes entreprises, privées ou publiques, de différents syndicats ou bien non syndiqués. C’est ce mélange bienvenu qui a donné un ton offensif et militant à la discussion. Comme dans la grève menée au coude à coude l’hiver dernier, pas de place pour les corporatismes : routier ou ferroviaire, urbain ou inter-urbain, TransDev, Keolis, SNCF, RATP… Un participant l’a souligné avec malice : pas de trace de « séparatisme » dans cette salle !

Parmi les nombreux sujets abordés : la reprise de la vente de tickets à bord dans les bus (un comble à la veille de la deuxième vague), le lien nécessaire avec les nombreuses boîtes qui ferment (des contacts se sont déjà noués entre des cheminots de Lille et les ouvriers de Cargill par exemple), la répression patronale en marche (jusqu’aux licenciements de délégués destinés à intimider tous les salariés), la fierté de voir la retraite à points toujours au point mort (et la nécessité de se tenir prêts au cas où elle ressortirait des poubelles).

C’est surtout l’ouverture à la concurrence qui a été discutée. Après l’adoption de la loi d’orientation des mobilités côté RATP et du pacte ferroviaire côté SNCF, les annonces de « lots » désignés à subir des appels d’offre dans les mois qui viennent se multiplient dans le contexte de la surenchère électorale à droite pour les régionales. Les témoignages de salariés de TransDev ou Keolis, qui connaissent cette situation depuis longtemps, ont éclairé ceux de la SNCF ou de la RATP. Chaque transfert d’une boîte à l’autre est l’occasion de rogner sur les acquis en mettant les salariés face au faux choix d’en accepter les conditions ou de risquer le licenciement économique. La résistance est possible et elle existe, mais pied et à pied, dans une lutte à renouveler avec chaque fin de contrat. L’ouverture à la concurrence signifie la mise en concurrence des travailleurs entre eux par les patrons coalisés.

Un tel système profite aux entreprises privées mais aussi aux entreprises dites publiques, SNCF et RATP, qui sont en réalité de véritables groupes capitalistes. Face à cette offensive contre leurs droits, les travailleurs du secteur n’ont aucun intérêt au patriotisme d’entreprise mis en avant par les directions syndicales derrière des grands mots comme la « défense du service public ». Il s’agit au contraire de se placer du point de vue de leurs intérêts de salariés, de se battre pour refuser tout recul sur leurs conditions de travail et de s’unir pour imposer que s’applique à chacun le meilleur des conventions et statuts existants sur tous les sujets.

Un vaste programme, d’une actualité brûlante à l’heure où gouvernement et patronat prétendent négocier avec des syndicats complices et dans le dos des premiers concernés un cadre social harmonisé dans tout le secteur. Leur « harmonisation » est un nivellement par le bas : moins de repos, moins de congés, moins de rémunération, plus d’amplitude, plus de temps de conduite… À refuser catégoriquement, tous ensemble, pour opposer la perspective de meilleures conditions de travail et augmentations pour tous.

Les camarades des transports de l’Étincelle reviendront dans les prochains jours avec des analyses plus détaillées sur le site de Convergences révolutionnaires, pour aider à la réflexion en cours sur ces sujets qui agitent toute la branche. Et participeront aux efforts engagés pour donner une suite à cette rencontre entre salariés des transports de différentes entreprises, du public ou du privé, syndiqués ou non syndiqués.

Correspondants

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