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Archives > Éditos L’Étincelle > 2018 > mai > 1er

Tous ensemble, pourquoi pas aujourd’hui ?

Un premier mai bien cinglant, contre Macron et sa politique. En un an, il s’en est pris aux droits des travailleurs, aux retraités, aux migrants, aux étudiants, aux hospitaliers, aux cheminots aujourd’hui... En ligne de mire du gouvernement, les fonctionnaires, la Sécurité sociale, les retraites à nouveau et, au-delà, tout le monde le sait bien, tous les travailleurs. Parallèlement, il a fait pleuvoir les cadeaux sur les riches et les patrons, faisant dire à Hollande, qui s’y connaît bien, que Macron n’était pas le président des riches mais « des très riches ».

À quoi peut aboutir la grève cheminote ? À un rafistolage, à partir du 7 mai, entre gouvernement, direction de la SNCF et intersyndicale CGT-CFDT-UNSA sur le dos des cheminots ? Ou à une victoire sur Macron si les cheminots continuent la grève et trouvent le moyen de rompre l’isolement apparent dans lequel ils sont ?

La grève des cheminots reste largement suivie

Le pays compte probablement 50 000 cheminots grévistes, dont 8 000 roulants, ce qui est énorme. Mais la complication du calendrier – qui la saupoudre à l’extrême – la rend difficile à suivre. C’est étudié de la part de fédérations syndicales qui voudraient garder l’entier contrôle du conflit : à raison de 2 jours sur 5, décidés une fois pour toutes et pour plusieurs mois, que reste-t-il à décider ? Rien qui nécessite que les grévistes puissent se retrouver et discuter, se rassembler et décider, à tous les niveaux, de leur propre mouvement.

Un mouvement étudiant a rejoint celui des cheminots. D’autres catégories de travailleurs mènent aussi leurs luttes, postiers, personnels hospitaliers, employés de Carrefour, salariés d’Air-France. Mais les colères sont côte à côte plutôt que rassemblées dans un même mouvement, conscient de lui-même.

Mais où en est-on de la convergence des luttes ?

Cela ne tombe pas du ciel. Ainsi le veulent les directions syndicales qui, depuis des années, et aujourd’hui encore face à un Macron arrogant, s’échinent à compartimenter, à localiser, à émietter... Les responsables syndicaux aiment bien rabâcher qu’il ne suffit pas de parler de grève générale pour qu’elle ait lieu. Tout le monde le sait, pas la peine de le répéter ! Mais est-on obligé d’émietter les conflits : les fonctionnaires le 19 mars, en gros les mêmes le 19 avril, les enseignants du second degré le 3 mai, les fonctionnaires encore le 22 mai... C’est comme cela qu’on indique la nécessité de la « convergences des luttes » dont parle Martinez mais qu’il se garde d’organiser ?

Les confédérations ne mettent pas à l’ordre du jour la lutte d’ensemble, la grève générale pour l’appeler par son nom, pas plus que ne la mettent à l’ordre du jour ce qui reste d’appareils politiques dits de gauche qui leur sont plus ou moins liés.

Rien n’est joué...

La grève des cheminots ne s’essouffle pas. Le mécontentement, la colère sont toujours là chez les étudiants, les hospitaliers, les postiers, dans les classes populaires en général.

De nombreux cheminots commencent à exprimer qu’ils en ont assez de la grève 2/5 et veulent aller vers une vraie grève, reconductible.

Mais ils ne doivent pas rester seuls. Tous les travailleurs ont bien compris que, derrière les histoires de « statut », il y a bien autre chose qui sont les mêmes questions lancinantes de salaires et sous-effectifs mortels ; de pouvoir accru des directions et de la maîtrise, de précarité du travail et de nos droits ; et de fric pour les très riches au lieu de la satisfaction des besoins de la population ! Les problèmes des cheminots sont exactement les mêmes que ceux de tous les autres travailleurs.

C’est bien ce qui rend la convergence des luttes possible, c’est bien ce que craignent patronat et gouvernement. Apparemment, les directions syndicales aussi.

Bousculer toutes les hiérarchies, gouvernementales, politiques aussi bien que celles des appareils syndicaux a bien été fait il y a 50 ans. Pourquoi pas aujourd’hui.

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