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Archives > Éditos L’Étincelle > 2018 > avril > 2

Tous ensemble, SNCF, Carrefour, Air France, universités : Ce n’est qu’un début… !

300 hypermarchés Carrefour en grève le week-end dernier, grèves annoncées à Air France, occupations de facs contre le plan de sélection sociale à l’entrée à l’université. Et, bien sûr, les grèves à la SNCF qui vont être très suivies, à la mesure de la colère des cheminots. Dans tous les secteurs, les travailleurs subissent les mêmes attaques, l’arrogance de leurs patrons, les mêmes conditions de travail dégradées.

Mécontentement général

Macron a multiplié les offensives contre l’ensemble des salariés depuis son élection. Il s’en prend aujourd’hui frontalement aux cheminots en espérant briser leur combativité pour démoraliser l’ensemble du monde du travail, comme Thatcher l’avait fait avec les mineurs en Angleterre. Et 50 ans après Mai 68, il prend le risque de s’en prendre aux étudiants.

Seulement voilà, les cheminots sont décidés à ne pas se laisser faire. Même chose chez les étudiants. Même chose chez les salariés de Carrefour en réponse aux décisions de leur PDG, Bompard, de réduire à presque rien la prime de fin d’année après avoir annoncé des milliers de suppressions de postes.

Le mécontentement est général et cela se voit. Cheminots, étudiants, Air France, Carrefour, hôpitaux en grève. Et, le 22 mars dernier, il y avait entre 350 000 et 500 000 personnes dans les rues.

« Il ne faut pas mollir »… espère le gouvernement

Pour se rassurer face à la contestation, le Premier ministre Édouard Philippe racontait sur son Facebook Live qu’« il ne fallait pas mollir ». Rappelons qu’Alain Juppé, son mentor en politique, jouait sur son image de politicien « droit dans ses bottes » avant de s’écraser face au mouvement des cheminots et des fonctionnaires en passe de se transformer en grève généralisée en décembre 1995.

Aujourd’hui, malgré le succès de la dernière mobilisation, la dureté ne vient pourtant pas des directions syndicales. Alors que, le 22, l’intersyndicale des cheminots ne les appelait pas à la grève, un tiers des cheminots avaient pourtant cessé le travail. Nombreux sont ceux qui, conscients de l’enjeu, veulent se battre pour de bon et commencent à discuter d’une vraie grève, c’est-à-dire d’une grève reconductible qui devra s’organiser à la base et pourrait entraîner d’autres secteurs.... Mais l’intersyndicale des cheminots ne propose qu’un plan de grèves saute-mouton à partir du 3 avril : un mouvement qu’elles voudraient contrôler de bout en bout, deux jours par ci, deux jours par-là, étalés sur trois mois. Bref, des grèves en pointillés pendant que les trois grandes fédérations marchandent avec le gouvernement pour leur propre compte.

Devant la colère de la base, la CGT envisage un nouveau mouvement général, mais pas avant le 19 avril ! Mais ce n’est pas avec une journée toutes les trois ou quatre semaines, que le gouvernement va céder ! Or c’est bien de cela qu’il s’agit : il faut faire plier Macron et, derrière lui, le patronat. C’est la peur de la généralisation des conflits qui les fera céder.

Vers la « coagulation » des conflits ?

C’est ce que craignent Macron et les patrons. Et il y a de quoi. Oui, la convergence des luttes est à l’ordre du jour.

Face aux attaques concertées du gouvernement et du patronat, la seule réponse est une convergence des luttes du public et du privé. Les contestations peuvent se multiplier et faire boule de neige dans les chantiers, les bureaux, les ateliers, les centres commerciaux et bien sûr dans les transports et tous les services publics. Une mobilisation qui débouche sur un mouvement d’ensemble, une grève générale.

Un tel mouvement devra se construire à partir de la coordination des secteurs en lutte par les grévistes eux-mêmes qui devront mettre les directions syndicales, plus timorées que jamais, devant le fait accompli.

Face au patronat et à la bourgeoisie qui n’ont jamais été aussi riches, il est temps de rendre les coups. Comment ? « Tous ensemble ! » comme le criaient des milliers de cheminots jeudi dernier.

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