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Stellantis-Serbie : de l’électricité dans l’air

29 juin 2022 Brève Monde

Fin avril, Carlos Tavares, PDG de Stellantis, et le président serbe, Aleksandar Vučić, ont annoncé en grande pompe que l’établissement de Kragujevac, situé à une centaine de kilomètres de Belgrade, avait été choisi par Stellantis (multinationale née de la fusion entre Fiat-Chrysler et PSA) pour produire des automobiles électriques à partir de la mi-2024. [1]

Le choix de Stellantis s’explique en grande partie par le fait que, depuis le rachat à vil prix par Fiat de Zastava, l’ancienne entreprise automobile yougoslave, la multinationale continue à bénéficier de réductions d’impôts et aides publiques de toutes sortes de la part du gouvernement serbe. Cette fois encore, l’accord signé entre Stellantis et le gouvernement prévoit que sur les 190 millions d’euros d’investissement prévus pour produire un véhicule automobile, la Serbie paiera 48 millions d’euros.

En attendant, la direction de Stellantis a déclaré une « période de transition » pendant laquelle la production sera arrêtée, et environ 1500 travailleurs, sur 2016, devront partir, pendant deux ans, dans d’autres établissements Stellantis, en Slovaquie, Pologne, Italie ou Allemagne. Les travailleurs qui n’acceptent pas cette « offre » seront licenciés. Les salariés déplacés recevront une indemnité variable selon le pays : Slovaquie (800 euros de salaire net), Pologne (850 euros), Italie (1 400 euros), Allemagne (1 900 euros). Il est, d’autre part, précisé que le logement sera à la charge des travailleurs. Selon la direction, un quart des travailleurs concernés auraient, d’ores et déjà, accepté d’aller travailler dans un autre pays.

Suite à cette annonce, des débrayages ont eu lieu à l’appel du syndicat Samostalni (« Indépendants »). Mercredi 22 juin, environ 300 ouvriers ont bloqué la principale autoroute qui mène à Belgrade. Le syndicat Samostalni demande que les travailleurs qui ne seraient pas « volontaires » pour aller travailler dans un autre établissement Stellantis en Europe, soient payés en attendant de retrouver un autre emploi. Une revendication que Stellantis, quatrième constructeur automobile dans le monde et 13,4 milliards de bénéfices en 2021, aurait largement les moyens de satisfaire.


[1Stellantis est propriétaire à 67 % de l’entreprise et l’État serbe à 33 %.

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