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Solvay Saint-Fons : jusqu’à la dernière tonne ?

19 mars 2020 Article Entreprises

Dans cette usine chimique du sud de Lyon, la direction s’accroche à ses objectifs de production malgré l’épidémie. Ils veulent faire tourner les ateliers tant qu’il y aura des effectifs. Dangereux voire criminel à tous points de vue !

D’une part, ils imposent plusieurs heures de travail en salle de contrôle, sans même des fenêtres qui s’ouvrent (c’est le confinement chimique qui veut ça !), à 7, 8 ou 9 opérateurs côte à côte. D’autre part ils préparent les travailleurs à arrêter les installations dans les pires des conditions. Car on n’arrête pas un atelier en débranchant la prise, en éteignant la lumière et en disant au revoir. Non, il faut plusieurs jours de manœuvres pour vider les encours et souffler les lignes pour éviter les bouchages. Autrement dit : il faut du monde ! Sauf que la logique de la direction c’est justement d’attendre que le manque d’effectifs soit critique. En plus de faire courir des risques de contamination, ils font prendre le risque de l’accident.

Est-ce bien nécessaire de produire de la vanille ?

En attendant, la production continue, même s’il se pourrait que la campagne de production de vanille naturelle soit reportée. Serait-ce pour arrêter toute production et permettre à chacun de se confiner ?

Pas du tout ! Non seulement la production ne s’arrêterait pas pour autant, mais en plus les motifs de la direction sont beaucoup moins avouables. Du fait des différentes absences, elle a peur qu’il n’y ait pas assez de travailleurs pour effectuer toutes les manipulations nécessaires au changement de production. Mais surtout, elle craint par-dessus tout de devoir arrêter la campagne en cours de route et de perdre la précieuse matière première qui lui coûte tant - et lui rapporte gros ! De notre santé, il n’est pas question : elle vaut bien moins qu’un peu d’arôme naturel de vanille...

Il n’y a pas que le virus qui tue

Le coronavirus ne représente pas le seul danger dans cette usine : il faut aussi se protéger de l’hydroquinone et du catéchol, des produits cancérigènes. Problème : il y a rupture de masques. Une conséquence de l’épidémie, même s’ils ne sont pas utiles contre le virus ? Pas de soucis pour les patrons qui ont toujours minimisé les risques d’exposition - ça ne va pas changer aujourd’hui ! Alors après la salle de contrôle potentiellement contaminée, bienvenue dans la partie cristallisation ou la poussière vole dans tous les sens...

Système D oblige

Face au manque de masques, désinfectant, etc. les travailleurs s’organisent. Au labo attenant à l’usine, un « Virus killer » de première qualité a été confectionné, un gel hydroalcoolique maison bien utile. Pour ces travailleurs habitués des compositions et des mélanges, c’est une manière de se protéger en mettant à profit les savoir-faire.

La direction regarde ça d’un mauvais œil, bien sûr, et fait savoir qu’elle ne veut pas être tenue pour responsable si le gel s’avère inefficace. Mais elle n’ose pas dire grand-chose et pour cause : le gel hydroalcoolique des travailleurs sera toujours plus efficace que celui qu’elle ne met pas à leur disposition !

À tout point de vue, les patrons démontrent leurs irresponsabilité. Aux travailleurs de prendre les commandes et d’engager les procédures d’arrêt pendant qu’il est temps !


A télécharger : version électronique en PDF du bulletin L’Etincelle Solvay Saint-Fons du 18 mars :

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