Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos de bulletins > 2008 > juillet > 14

Sarkocorico

Sarkozy a profité du 14 juillet pour pousser son cocorico. Historique, selon lui, le fait d’avoir réuni une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement d’Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord, autour de sa dernière trouvaille : l’Union pour la Méditerranée. Historique, d’avoir fait manger à la même table les leaders israélien et palestinien, syrien et libanais.

Parmi les autocrates invités au festin et au défilé militaire, le chef de l’Etat syrien Bachar Al-Hassad a eu la vedette, mis en avant par Sarkozy alors qu’il était jusque-là boudé pour ses liens avec le Hezbollah, le Hamas, voire l’Iran… Les autres étant pour la plupart en bons termes avec Israël et les envahisseurs américains en Irak, leur présence était plus ordinaire si ce n’est plus ragoûtante ! Mais à vrai dire, le rapprochement entre Israéliens et Syriens était déjà enclenché par l’entremise de la Turquie, avant la mise en scène de Sarkozy…

Sarkozy brandit la perspective de paix. Qui pourrait ne pas la souhaiter dans cette région déchirée depuis des décennies par des guerres ? Mais son ministre des affaires étrangères Kouchner vient de se déplacer à Bagdad pour soutenir celle que mène depuis plus de cinq ans les Etats-Unis en Irak ! Sans parler de celle d’Afghanistan où l’armée française participe directement. Guerres et misère qui ont pour sous-produits des combats pour le pouvoir entre cliques sanglantes et affairistes terrorisant les peuples au nom de tel ou tel prophète.

Mais foin de la paix. Si Sarkozy cultive quelque chose, à part le vent autour de sa petite personne, ce sont les affaires d’entreprises françaises, multinationales ou PME, aux nombreux liens avec ces pays de la Méditerranée qui, de la Syrie au Maroc, en passant par le Liban, la Tunisie et l’Algérie, sont d’anciennes colonies françaises. Cette « Union pour la Méditerranée », c’est près de 300 millions de consommateurs et des millions de travailleurs, exploités ou exploitables, pas loin et pas cher ! Voire sur place en Europe, comme ces millions d’émigrés qui travaillent depuis des décennies sur les chaînes d’automobile, sur les chantiers, dans le nettoyage ou la santé. Pour la France de Sarkozy et l’Allemagne de Merkel, le Maghreb ou la Turquie sont toujours des « arrières cours » où il y a du fric à pomper, des consommateurs d’un côté, dont surtout l’élite riche, de la main-d’œuvre à pressurer de l’autre.

C’est pourquoi ces brigands impérialistes de l’Union européenne, aidés par des dictateurs du « Sud » facilement à leur dévotion, rivalisent pour resserrer ces liens. Guerre économique mondiale, qui se poursuit en conflits armés ou en dictatures pour contraindre les peuples à accepter l’exploitation la plus sauvage.

D’où l’immigration, plus importante encore que dans le passé, mais surtout plus risquée parce que plus clandestine. Ils ont un goût bien saumâtre, les mensonges de Sarkozy sur la proximité des deux rives de la Méditerranée, au moment même où encore un bateau d’immigrés y chavirait !

Les capitaux circulent par internet. Les marchandises par ciel, terre ou mer et il est question de leur faciliter le transit par des « autoroutes de la mer », pour porte-containers géants… Mais pour les travailleurs, pas de visa ! Il ne leur reste que le voyage à leurs risques et périls qui s’est terminé pour plus de 5 000 d’entre eux, en 20 ans, par la mort ou la disparition en mer. Pour les autres, pas pour autant l’Eldorado. Bien plus souvent le travail sous-payé, souvent clandestin, en particulier dans de grands restaurants que Sarkozy et les siens fréquentent.

En ce moment même, un mouvement de grève de travailleurs sans papiers, dans des restaurants, entreprises de nettoyage ou d’intérim de la région parisienne, tient le coup opiniâtrement pour la régularisation. Avec l’aide de militants syndicaux ou associatifs, encore peu nombreux certes.

Le vrai rapprochement entre les rives de la Méditerranée, et tous les continents de la planète, il est à chercher dans ce sens : il sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, par leur lutte émancipatrice.

Imprimer Imprimer cet article