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SNCF : en grève pour des augmentations de salaire

12 juillet 2022 Article Entreprises

(Photo : copyright Photothèque Rouge /Martin Noda / Hans Lucas)

Le 6 juillet dernier, mobilisation réussie à la SNCF avec 35 % de grévistes, tous collèges confondus, pour des augmentations de salaire.

Rappel des épisodes précédents

Depuis la fin de l’année dernière, plusieurs journées de grève ont peu à peu réchauffé le climat. Sur l’axe Atlantique, des conducteurs ont fait grève un week-end, des agents commerciaux également. Des conducteurs à la gare de Lyon ou des contrôleurs à Tours et à Montparnasse ont menacé de se mobiliser et la direction a concédé quelques primes pour éviter la grève.

Plus récemment, une journée de grève nationale était prévue à l’aiguillage le 25 mai, annulée au dernier moment par les fédérations syndicales qui avaient déposé le préavis de grève, après que la direction a annoncé 1 000 euros de primes. Mais l’idée est restée dans bien des têtes : pour obtenir de vraies augmentations, il va falloir une vraie grève.

À Saint-Lazare et à Paris-Nord, des conducteurs ont fait grève sans se déclarer 48 heures à l’avance, comme l’impose la loi sur le service minimum. Un geste de colère fort et pas banal. Même s’ils portaient aussi parfois sur les conditions de travail ou le sous-effectif, ces mouvements ont mis la question des salaires au cœur des revendications. La direction s’en est sortie momentanément en concédant des primes étalées sur plusieurs mois, de souvent quelques centaines d’euros. D’où une question lancinante : à quand les vraies augmentations de salaire ?

Gel des salaires + inflation = grève

La grille des salaires est gelée depuis 2014 à la SNCF, c’est-à-dire que les seules possibilités d’augmentation de salaire sont individuelles, parfois liées à l’ancienneté, mais souvent au « mérite » (comprenez à la tête du client). Les salaires deviennent trop faibles au regard des contraintes imposées par les métiers du ferroviaire (horaires décalés, modification des plannings de travail, responsabilités, etc.). Des cheminots démissionnent pour tenter leur chance ailleurs. Là-dessus arrive une inflation galopante à plus de 5 % et c’est donc le niveau de vie de tous les travailleurs qui se dégrade brutalement.

L’idée que ce ne sont pas quelques primes octroyées qui peuvent résoudre l’équation impossible du bouclage de la fin du mois s’est donc imposée. Il faut des augmentations significatives du traitement (la part fixe du salaire à la SNCF). Puisqu’il faut faire le plein de la voiture tous les mois, il faut des augmentations pérennes.

Après la grève, quelques avancées qui ne compensent même pas l’inflation !

C’est donc dans ce contexte que la direction a été poussée à organiser une table ronde « salaires » mercredi 6 juillet et les fédérations syndicales cheminotes à appeler à la grève le même jour. Bilan de la journée : la direction annonce une augmentation des salaires, bloqués depuis huit ans, de 1,4 % et de 400 euros brut annuels, plus quelques augmentations de primes et indemnités d’un montant dérisoire. Les cheminots et les cheminotes, très attentifs aux annonces, ont vécu cela comme une provocation. Hors de question de se satisfaire d’une augmentation inférieure à l’inflation. Chacun sait également qu’une seule journée de grève ne sera pas suffisante pour obtenir notre dû.

Les tentatives habituelles d’opposer les grévistes aux voyageurs voulant partir en vacances ne semblent pas prendre : au contraire, la grève est apparue comme légitime aux yeux de bien des travailleurs confrontés aux mêmes problèmes de bas salaires.

Les suites ne manqueront pas d’arriver, car bien heureusement les travailleurs des nombreux secteurs en mouvement pour les salaires n’attendent pas les appels de directions syndicales en vacances jusqu’à la prochaine date de mobilisation nationale le 29 septembre, dans deux mois et demi !

Correspondant

(Article à paraître dans l’Anticapitaliste no 624)

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