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SNCF Ivry (94) : contre le sous-effectif, les conducteurs lancent la bagarre !

5 novembre 2020 Article Entreprises

Les conducteurs d’Ivry veulent se faire respecter

À Ivry, petit dépôt du réseau d’Austerlitz, les conducteurs de manœuvre (TA) sont en sous-effectif depuis des années. Les conséquences sont quotidiennes au niveau des plannings et de la charge de travail. Cet été, des congés ont été refusés. Cet automne, alors que la direction a tenté de cacher les cas Covid+, de nombreux conducteurs se sont mis en arrêt. Beaucoup de gouttes d’eau donc, pour faire déborder un vase déjà bien rempli… Des discussions ont commencé à propos d’une prime pour l’été, et l’idée d’une réunion a émergé.

Une vingtaine de conducteurs (sur une soixantaine entre Austerlitz et Ivry) se sont donc retrouvés mardi 27 octobre pour discuter de leurs revendications. L’occasion de revenir sur tout ce qui ne va pas dans le dépôt, du matériel défaillant aux problèmes de sous-effectif. Des embauches, ainsi que 600 euros de prime pour l’été qui fut infernal et 200 euros par mois tant que le sous-effectif n’est pas comblé. Pour les obtenir, la grève illimitée a été votée à partir du vendredi suivant.

Une grève massive et active

Le vendredi, plus de 85 % des conducteurs du dépôt étaient en grève. Une vingtaine d’entre eux étaient présents en assemblée générale. L’AG a décidé de fixer à 24 le nombre nécessaire de nouveaux TA pour permettre les évolutions et combler le sous-effectif. La poursuite de la grève a été votée jusqu’au mardi, date d’une négociation proposée par la direction.

La grève a continué le week-end et une assemblée générale s’est tenue le lundi avec toujours une vingtaine de grévistes. La délégation chargée des négociations avec la direction a été élue et rendez-vous fixé le lendemain matin à Austerlitz pour un rassemblement et une nouvelle AG. Pas question que les négociations se tiennent à huis-clos, la direction doit rendre des comptes à tous les grévistes !

Le mardi matin une grosse vingtaine de conducteurs se sont retrouvés à Austerlitz et en ont profité pour interpeller la directrice de l’établissement et imposer une réunion en présentiel et pas en ligne.

Les manœuvres de la direction

Première réaction de l’encadrement : la panique ! Après que les conducteurs se furent déclarés grévistes, le chef des conducteurs a passé des coups de fil menaçants : « On ne négocie pas sous la pression. » Pourtant c’était la première fois qu’il faisait mine d’entendre les revendications des TA, et la pression y était pour quelque chose… Les grévistes étaient fiers de voir leurs chefs si sûrs d’eux d’habitude regarder piteusement le carrelage.

Pendant la grève la direction a fait rouler les chefs sur des journées intenables pour montrer que le trafic n’était pas impacté. Le directeur adjoint a quand même osé affirmer qu’il n’avait pas fait une seule heure sup’ sur le week-end – mais en contournant certaines règles de sécurité c’est plus facile… C’est seulement la réduction drastique du trafic grandes lignes lié au confinement, à partir du mardi 3 novembre, qui a redonné la main à la direction : sauvée par le gong !

Gare à la deuxième vague

Mais les grévistes ne comptent pas abandonner leurs revendications et entendent bien continuer à se mobiliser. Ils ont voté la « mise en pause » de leur grève ce mardi, encore plus remontés par le mépris de la direction. Ils restent en contact, continuent de militer et se sont donnés rendez-vous pour reprendre la grève lorsque les trains grandes lignes rouleront à nouveau.

Aux AG d’Ivry, des conducteurs de ligne et des aiguilleurs étaient présents en soutien. Ils ont rappelé que le sous-effectif et les salaires trop faibles sont des problèmes communs à tous les services à la SNCF. Cette grève pourrait donner des idées à d’autres cheminots. Les conducteurs d’Ivry en sont conscients : après l’assemblée générale de mardi, une équipe a écrit un tract pour s’adresser aux autres services et préparer la deuxième vague. Malgré le confinement, de nombreux travailleurs sont bien décidés à faire entendre leurs intérêts et à se battre pour !

Correspondants

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