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S’organiser contre les licenciements : une urgence vitale

10 décembre 2020 Article Entreprises

La crise sanitaire est l’occasion rêvée pour les grands groupes d’annoncer leurs restructurations tout en touchant des milliards d’aides publiques.

Le Monde a ainsi recensé 35 664 suppressions d’emplois annoncées entre septembre et novembre. Parmi les plus gros licencieurs : Sodexo, Elior, Disneyland, Bridgestone, IBM, Danone, PSA, Total, Société générale, Gap. Des groupes loin d’être sur la paille, pas même tous concernés par la baisse d’activité liée au confinement.

Confinement dévastateur

Le ministère du Travail dénombre quant à lui 657 plans de « sauvegarde » de l’emploi (PSE), concernant 67 065 emplois, initiés entre le 2 mars et le 22 novembre 2020, auxquels s’ajoutent 4 902 procédures de licenciements collectifs hors PSE, dont 90 % dans des entreprises de moins de 10 salariéEs.

Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, car en ajoutant les fins de contrat CDD ou intérim, les plans de départs « volontaires », les embauches retardées ou annulées, ce sont 634 000 emplois salariés qui ont disparu dans le privé au premier semestre selon l’Insee. Même s’il y a eu des réembauches durant l’été, avec la fin du confinement et le redémarrage partiel de l’activité, il reste 234 000 emplois de moins au troisième trimestre 2020 qu’un an auparavant. Le confinement du printemps a été particulièrement dévastateur pour les jeunes, dont près d’un sur dix avait perdu son emploi en mai selon l’Insee.

Les intérimaires ont servi de variable d’ajustement : 318 000 emplois intérimaires ont été supprimés du jour au lendemain fin mars (soit 40 % d’entre eux !). Leur nombre est ensuite reparti à la hausse au deuxième trimestre, pendant que les CDI continuaient de chuter : premierEs licenciéEs, premierEs réembauchéEs… pour être licenciés à nouveau si besoin. Il manque quand même 81 000 emplois intérimaires par rapport à il y a un an.

Dans certaines entreprises, les salariéEs ont commencé à réagir, comme à General Electric à Villeurbanne, en grève depuis plus de deux semaines, ou ceux de Cargill et de TUI, à l’origine de rencontres pour coordonner les luttes. Des initiatives à répéter partout pour inverser le rapport de forces.

Maurice Spirz

(Photo : rassemblement devant Bridgestone à Béthune le 27 novembre 2020)

(Article paru dans L’Anticapitaliste, n° 547)

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