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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > septembre > 9

Retraites : ne nous laissons pas enfumer par Macron

Après 18 mois d’une « concertation » sur un nouveau système « universel » de retraite menée par le « haut-commissaire » Delevoye, le gouvernement a finalement décidé de faire un nouveau round de rencontres, voire une « consultation citoyenne ». Pour commencer, tous les dirigeants syndicaux ont été reçus la semaine dernière par le Premier ministre, qui leur a répété qu’il voulait passer à un système de retraite « à points ». En clair, le gouvernement retarde simplement son projet de quelques mois. Pour mieux nous enfumer avec la « nouvelle » méthode de « l’acte II » du gouvernement.

Une « valeur » qui se dégrade…

L’essentiel pour Macron est de faire passer les retraites de base dans un système « par points », avec soit un âge « pivot » (64 ans en 2025), soit un allongement de la durée de cotisation pour avoir le taux plein. Un tel système plus juste selon Delevoye, car chaque euro cotisé donnerait le même droit à pension. Un tel système fonctionne déjà pour les retraites complémentaires : on acquiert des points en cotisant et la retraite versée est égale au nombre de points acquis multiplié par une somme, la valeur de service.

Sauf que, sur la durée, la cotisation pour acheter un point a augmenté plus vite que cette valeur de service qui, elle, suit au mieux l’inflation officielle. Résultat : d’année en année, pour les nouveaux retraités, une pension plus faible par rapport au dernier salaire. En parallèle, les retraites de base ont aussi baissé – depuis les lois Balladur de 1993 pour la plupart des salariés du privé. Mais les systèmes par points permettent une adaptation plus rapide aux « aléas économiques », donc aux exigences du patronat, et c’est bien cela qui plait à Macron.

Baisse des retraites pour tous ?

Pour la retraite de base, qu’il veut aussi désormais « par points », Delevoye parle aujourd’hui d’une valeur de service de 0,55 € par point acheté 10 €. Mais ce sera ajustable chaque année, avec une « règle d’or » fixant les dépenses de retraite à environ 14 % du PIB, alors même que le nombre de retraités va augmenter. Il est donc clair que les retraites vont baisser. Delevoye a bien imaginé neuf cas qui seraient gagnants… mais en allongeant la durée de cotisation à 44,3 ans !

Le collectif « reformesdesretraites.fr » a comparé la pension touchée, à carrières identiques, par un parent né en 1961 et son enfant né en 1990, partant tous deux à la retraite à 64 ans. Pour un salarié proche du Smic, le montant de la retraite passerait de 81,6 % du dernier salaire pour le père, dans le système actuel, à 65,8 % pour le fils, dans le nouveau. Et vu le niveau du chômage et le développement de la précarité, il est probable que la baisse sera encore plus nette, puisque ce ne seront plus les 25 meilleures années (ou les six derniers mois pour les fonctionnaires) qui serviront de base de calcul mais toute la carrière.

Rappelons que, malgré les diverses exonérations de cotisations patronales de ces dernières années, le régime général de retraite est à l’équilibre. La réforme de Macron, en baissant les pensions versées, aura surtout pour effet de pousser les salariés qui en ont les moyens à cotiser à des retraites supplémentaires par capitalisation, c’est-à-dire à jouer en bourse leur avenir.

Contre la « retraite universelle » au rabais, à quand une mobilisation universelle ?

Alors que ces dernières années les dividendes des actionnaires n’ont cessé de croître, pas question d’accepter comme avenir une pension de misère à un âge plus tardif, et de cotiser plus longtemps pour une retraite plus courte et en moins bonne santé !

Macron et Delevoye veulent nous imposer une retraite « universelle » au rabais. Il est grand temps d’une mobilisation « universelle » contre eux, aux côtés des enseignants, des hospitaliers, des salariés en butte aux licenciements, à la précarité et aux bas salaires qui déjà manifestent leur colère.

FO et la CGT appellent pour la fin du mois à des manifestations contre la réforme des retraites qu’on espère les plus nombreuses possibles. Mais pour l’un c’est le 21, pour l’autre le 24. Alors, pour le « tous ensemble », il faudra s’en charger nous-mêmes, comme les Gilets jaunes, et avec eux, qui n’ont attendu l’appel de personne pour faire trembler le gouvernement.

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