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Qui sauvera l’hôpital ?

(Photo : à Bordeaux, le 16 juin 2020. Copyright : Photothèque Rouge /Martin Noda / Hans Lucas.)

En plus de l’enquête du Conseil scientifique Covid-19, faisant état de la situation catastrophique dans les hôpitaux publics – 20 % des lits d’hôpital fermés par manque de personnel soignant – tous les jours des informations alarmantes remontent des établissements de santé : urgences fermées à Laval, Bastia, Saint-Chamond. Même des services pédiatriques ne peuvent plus prendre en charge des enfants en urgence vitale !

Le bulldozer minimise ses propres destructions

Le ministre de la Santé minimise. Il prétend qu’il n’a détruit « que » 5 700 lits en 2020 – un comble en pleine pandémie ! Et il minimise en prétendant que seuls 5 % des lits étaient fermés temporairement alors que tout le contredit. Il se permet même une ironie douteuse en guise d’excuse : « Nous n’avons pas de personnel caché dans les placards. » Mais pas question d’embaucher.

Pourtant ce sont bien eux qui ont mené une politique de casse violente de l’hôpital public comme leurs prédécesseurs, qui ont limité le nombre de places dans les écoles d’infirmiers. Déjà sous Hollande (2012-2017), Véran a contribué comme député à toutes les mesures de démolition des hôpitaux publics. Puis, en pleine pandémie, ils ont laissé les soignants se démener sans moyens pour faire face.

Macron, ce mardi soir à la télé, va encore nous parler de Covid, en même temps qu’il commencera à débiter ses futures promesses électorales. Ce n’est pas là qu’on entendra la moindre mesure pour l’hôpital et la santé. D’autant que son Premier ministre, Castex, le roi de ces pieds nickelés, a expliqué, de l’hôpital de Marseille où il était en visite, que pour soulager l’hôpital « le mieux est de ne pas tomber malade ». Il fallait y penser…

L’étendue des dégâts

Avec ce chiffre de 20 % de lits mis hors service, l’ampleur des dégâts a pour une fois retenu l’attention des médias. Il résonne avec la colère venue d’en bas, des soignants comme des malades. Plus de 1 300 élèves infirmiers ont démissionné en cours d’études ces trois dernières années. Sans compter les démissions d’infirmières et autres soignants dont les témoignages désespérés remplissent les colonnes de journaux.

L’hôpital manque aussi de secrétaires, d’assistantes sociales, d’ouvriers, de tous ceux qui assurent le bon fonctionnement d’unités de soins. Les actes médicaux y sont calibrés et tarifés par des bureaucrates fanatiques de rentabilisation capitaliste, alors que le secteur de la santé devrait répondre gratuitement à tous les besoins.

Et les « solutions » des Agences régionales de santé (ARS) aggravent le mal. Le Canard enchaîné évoque l’application Hublo, censée faciliter l’organisation des remplacements à l’hôpital pour remédier au nombre gigantesque de postes vacants. Elle incite les salariées les plus mal payées, souvent des mères élevant seules leurs enfants, à multiplier les heures supplémentaires… jusqu’au jour où elles s’écroulent d’épuisement.

Passer du grand ras-le-bol à la révolte

La protestation est sourde mais profonde. Les hospitaliers valent mieux que la pénurie de moyens dans laquelle on les contraint à se débattre ; mieux que l’injonction à rester une demi-heure ou une heure de plus en fin de service, forcés à remplacer au pied levé, au nom de la conscience professionnelle ou du dévouement au patient. Et tout cela pour des salaires minables qui aggravent encore le dégoût de cette situation intolérable.

Non, face à une situation qui tourne au scandale national, il va falloir contraindre Macron et ses sous-fifres, responsables de cette pénurie criminelle, à embaucher massivement et à augmenter les salaires des soignants. Des milliers de jeunes sont prêts à exercer un métier essentiel à toute la société à condition de ne pas se tuer au travail et d’avoir une paie digne de ce nom.

Soignants et « patients », nous avons tous bien assez patienté ! Une mobilisation et pas seulement sanitaire mais sociale est urgente pour sauver l’hôpital et notre santé à tous du précipice vers lequel Macron et Véran les dirigent.

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