Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Éditos L’Étincelle > 2015 > novembre > 16

Que faire face à la barbarie ?

Les attentats de vendredi dernier ont tué aveuglement 132 personnes, et fait 352 blessés. Nous sommes tous effondrés par l’horreur de ces actes qui avaient l’objectif clair de faire le plus de victimes possibles.

L’État islamique, une organisation barbare et profondément réactionnaire

Revendiqué par l’État islamique, cet attentat témoigne une fois encore des violences dont est capable cette organisation réactionnaire qui opprime depuis déjà plusieurs années les populations irakienne et syrienne et impose une loi religieuse digne du Moyen Âge.

Mais comment des obscurantistes d’un autre temps peuvent-ils se développer ainsi, au XXIe siècle ? Les responsabilités sont à chercher à la tête des grandes puissances, États-Unis mais France aussi, celle de Sarkozy et de Hollande. Lorsque l’armée américaine a envahi l’Irak en 2003, elle a détruit le pays, favorisé les divisions au sein de la population et créé un véritable chaos. C’est dans ce contexte de misère et de guerres que la barbarie islamiste prospère.

Les sales guerres des États riches, une solution pour combattre le terrorisme ?

Hollande, et à sa suite Sarkozy et d’autres, appellent à l’union nationale et font semblant de découvrir que la France était en guerre. Mais cela fait des années que la France participe à des interventions militaires répétées, dans le seul but de préserver les intérêts et l’influence de ses multinationales, comme les États-Unis les leurs. Dès 2011 en Libye, pour contribuer à étouffer sous les bombes la révolution des pays arabes. Puis en 2012 au Mali. Depuis un an, les Rafale bombardent l’Irak et depuis trois mois, la Syrie. Hollande invoque la lutte contre le terrorisme. Mais les bombes font-elles la différence entre les terroristes et la population sur place, déjà victime quotidienne des exactions et de la dictature de l’État islamique ? Combien de ces carnages dont on a mesuré l’horreur ici, ont-ils été commis là-bas par les bombes françaises, américaines ou russes ?

La solution pour limiter la menace terroriste serait-elle d’ajouter la guerre à la guerre, de continuer dans cette voie qui a conduit aux attentats de Paris ? En mettant des territoires entiers à feu et à sang, les gouvernements des pays les plus riches participent à une escalade de la violence dont les premières victimes sont les populations, d’abord là-bas à grande échelle, et depuis ce week-end, ici aussi.

Union nationale derrière les va-t-en-guerre, ou solidarité internationale avec les exploités et opprimés de tous les pays ?

Être profondément solidaires des victimes de l’attentat ne signifie pas s’aligner sur la politique de notre gouvernement, car c’est cette politique qui renforce les groupes intégristes. Être solidaires, cela ne signifie pas tout repeindre en « bleu-blanc-rouge » et apporter sagement son soutien à une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Cet attentat risque aussi malheureusement de renforcer un climat raciste. Pourtant pour contrer la barbarie et les divisions au sein des classes populaires, c’est la solidarité entre les peuples d’ici et d’ailleurs dont on a besoin. L’horreur qui a frappé Paris vendredi nous rappelle tristement qu’il est d’autant plus urgent de chercher à se débarrasser de toute forme d’oppression et d’injustice, ici comme ailleurs.

Ils interdisent nos manifestations, mais pas les licenciements !

On ne sait pas ce qu’il en sera exactement de cet « état d’urgence » que Hollande et son gouvernement viennent d’instaurer. Mais, c’est le cas de le dire, soyons vigilants ! C’est déjà l’occasion pour le gouvernement d’interdire des manifestations cette semaine, précisément celles des personnels des hôpitaux, des travailleurs d’Air-France ou des impôts, d’enseignants… Hollande prône la trêve mais ni lui ni les patrons d’Air-France n’ont reculé d’un pouce sur les licenciements et la répression. Ni lui ni Martin Hirsch, directeur des hôpitaux de Paris, n’ont renoncé à voler aux personnels les 10 à 15 jours de RTT annuels dont ils ont tant besoin.

Gouvernement et patrons ne suspendent pas leurs plans d’austérité contre nous, ils vont d’ailleurs en redoubler pour financer leurs sales guerres. Ne suspendons pas nos mobilisations contre eux.

Lire aussi :

Mots-clés : | |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article