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« Pour que les salaires décollent, il faut que les avions restent au sol ! » (parole de gréviste)

15 juin 2022 Article Entreprises

On embarque jeudi 9 juin à 8 heures au terminal 2E de l’aéroport Roissy CDG… pas pour les vacances mais pour la grève ! Des AG se sont tenues dans les différentes entreprises de la zone et les cortèges de salariés arrivent les uns après les autres pour préparer cette journée d’action bien particulière.

Les prises de paroles débutent. Elles disent les raisons de la colère. En effet, pendant la pandémie, les patrons ont massivement licencié et les effectifs ont fondu. Avec la reprise du trafic aérien ces derniers mois, les cadences sont infernales. Et l’inflation vient s’ajouter à tout ça. Cette situation largement partagée dans toutes les boîtes, sous-traitantes ou non, a poussé les travailleurs des 800 entreprises exploitantes de l’aéroport à se mettre en grève derrière la même revendication : 300 euros d’augmentation nette pour tous et toutes ! C’est donc 25 % du trafic aérien qui est resté au sol jeudi, pendant que 800 grévistes manifestaient entre les terminaux 2 et 3 de l’aéroport.

L’occasion de développer des liens entre salariés, alors que le patronat essaie de les diviser au maximum en multipliant à l’infini la sous-traitance : pour faire face aux donneurs d’ordres, il faut s’unir et les grévistes ont bien conscience qu’ils viennent de passer une étape importante pour la suite. Cette journée réussie est le fruit d’un long travail des militants syndicaux de différentes entreprises et de l’Union locale CGT. Les militants ont réalisé de très nombreuses tournées dans la plupart des entreprises du site. Et ce, même dans des secteurs jusqu’alors plutôt isolés, comme les loueurs de voitures qui comptaient 100 % de grévistes toutes entreprises confondues.

À la fin de cette journée réussie et de la longue manifestation à travers l’aéroport, la grève est reconduite au lendemain. Manière pour les plus déterminés des grévistes de préparer la suite avec leurs collègues. Une délégation de syndicalistes est reçue par la préfecture. Celle-ci reconnaît l’ampleur de la mobilisation dans toutes les entreprises de la zone, tout en jouant la petite musique habituelle : le préfet « n’a aucun pouvoir » sur les différentes directions d’entreprises (il ne s’est pas posé le problème quand il s’agissait de mobiliser les CRS pour encadrer la manifestation).

Le lendemain, vendredi 10 juin, une AG de grévistes réunit 70 personnes issues de différentes entreprises : ADP, Air France dont Cargo, ACNA, PFS, Securitas Aviation,… La suite s’organise : un tract est voté et déjà des équipes partent le distribuer pour raconter la réussite de la veille, la force de l’unité entre salariés de différentes entreprises et les échéances prévues pour poursuivre la mobilisation.

Car ils ne comptent pas en rester là : la reprise de la grève a été votée pour le premier week-end de juillet. Les patrons ne sont pas au bout de leurs peines. D’ici là, certains imaginent une apparition à la grand-messe des entreprises aéroportuaires qui se tiendra, hasard du calendrier, en fin de semaine à Paris. Les modalités se discutent entre grévistes. Tous souhaitent utiliser ce mois de juin pour frapper fort début juillet afin d’obtenir ce qu’ils veulent : 300 euro d’augmentation de salaire pour toutes et tous. Une revendication qui a déjà eu un certain écho dans d’autres secteurs et après cette grève remarquée du 9 juin, la mobilisation des salariés de la zone aéroportuaire pourrait bien leur donner des ailes.

Pierre Selim, Stéphane Ino

(Article de l’Anticapitaliste no 620)

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