Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos L’Étincelle > 2020 > septembre > 7

Plan de relance : les profiteurs sans masque

Jean Castex avait terminé son discours à l’université d’été du Medef fin août par ces paroles, concernant la gravité de la crise sanitaire : « Je sais que beaucoup d’entre vous considèrent qu’elle peut aussi représenter une opportunité… » Comprendre : une opportunité pour le patronat de faire passer les mesures anti-ouvrières dont il n’osait à peine rêver. Le plan de relance que Castex vient de rendre public met en œuvre cet opportunisme : ce qu’il dit aux capitalistes, c’est… profitons de la crise sanitaire !

De l’argent magique pour les gros patrons

Ce sont donc 100 milliards d’euros qui vont s’ajouter aux 470 milliards débloqués dans l’urgence au printemps dernier, pour aider les entreprises.

Donc « l’argent magique » cher à Macron coule à flots et doit servir à combler de cadeaux les grands patrons. Castex est fier d’affirmer que « c’est en France que l’aide aux entreprises a été la plus massive ».Tous les prétextes sont bons pour les baisses d’impôts et les subventions diverses : l’écologie avec la rénovation énergétique de bâtiments par des gros bétonneurs repeints en vert, et l’emploi, alors que ce sont les plus gros licencieurs qui vont toucher le pactole.

Tout ce que Castex promet d’ici 2021, ce sont 160 000 embauches, quand bien même un million de salariés auront perdu leur emploi en 2020. Payer 100 milliards pour 160 000 emplois sur un an, ça fait cher la création d’un seul emploi (625 000 euros)… s’il existe un jour car avec le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), les patrons ont empoché des milliards sans embaucher ! À souligner que les trois quarts de ces subventions iront aux grands groupes, ceux qui annoncent des licenciements massifs actuellement.

Le port du masque pour seule politique sanitaire

En revanche, pour tout ce qui serait nécessaire et vital pour lutter contre l’épidémie, il n’y a pas d’argent : pas d’embauches dans les hôpitaux, qui seront tout aussi débordés qu’au mois de mars si une deuxième vague survient ; pas d’embauches dans les laboratoires, qui n’arrivent pas à suivre la cadence des tests ; pas d’investissements dans les transports publics saturés ; pas d’embauches dans les écoles, collèges et lycées, dont les classes sont surchargées et où toute distanciation sociale est abolie, sous prétexte que le port du masque dans les classes du secondaire suffirait.

La rentrée scolaire « s’est faite normalement », claironne Blanquer depuis BFM. Vraiment ? C’est que la priorité du gouvernement est de remettre tous les parents au travail. Et au travail, il faut porter le masque, sans aménagements, sans pauses supplémentaires pour compenser la pénibilité accrue. Mais sous peine de sanctions, pouvant aller jusqu’au licenciement. Pratique en ces temps de dégraissages massifs ! Et les mêmes qui avaient jugé le port du masque « inutile, voire dangereux » parce qu’ils n’en avaient pas à nous fournir, n’ont pas honte de nous faire aujourd’hui la morale, de nous culpabiliser, comme si la reprise de l’épidémie venait de notre irresponsabilité à tous.

Un plan de relance… de nos luttes !

Face à cette situation, nous ne pouvons compter que sur notre force collective et sur nos luttes. Les directions syndicales pleurnichent pour les « contreparties » qu’elles voudraient voir figurer dans le plan de relance. Mais c’est d’un véritable plan d’urgence, pour les salariés et la population, dont nous avons aujourd’hui besoin :

  • un million d’embauches dans les services publics ;
  • l’interdiction des licenciements et des suppressions de postes ;
  • le partage du travail entre tous sans perte de salaire pour en finir avec le chômage ;
  • au moins 300 euros d’augmentation des salaires par mois pour toutes et tous, et toutes les mesures nécessaires pour préserver notre santé, celle de nos anciens et celle de nos enfants.

Nos vies, pas leurs profits, nous sommes les seuls à pouvoir l’imposer et les journées de manifestation et de grève de samedi 12 et de jeudi 17 septembre seront les premières occasions de crier notre colère.

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article