Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Les articles du site

Piraterie démocratique : Le Drian a la mémoire qui flanche…

25 mai 2021 Article Politique

« Une atteinte grave et illégale à la sécurité de l’aviation civile internationale, tout autant qu’aux intérêts de sécurité des Européens » a clamé le ministre français Le Drian à la suite du détournement par la Biélorussie d’un avion de ligne, pour en arrêter un journaliste, opposant au régime. Et la France moraliste de demander à l’Union européenne d’interdire désormais son espace aérien à tous les avions biélorusses. Comme ça, les Biélorusses n’auront plus qu’à rester chez eux, en particulier les opposants pourchassés, sous la main de Loukachenko et de sa police. Merci Le Drian !

Aller mander un chasseur de l’armée de l’air pour faire atterrir de force un avion de ligne, afin d’arrêter un opposant politique en exil, est effectivement aussi indigne que rocambolesque. Et montre à quel point le régime de Loukachenko a la trouille de toute opposition, non seulement des manifestants qu’il matraque et torture, mais aussi de toute plume qui révèle les mœurs de son régime.

Mais l’hypocrisie des gouvernants et politiciens français face à cet acte de piraterie, que d’aucun présentent comme « inédit », passe les bornes. En matière de piratage aérien, Loukachenko n’est qu’un débutant, comparé aux gouvernants français et disons même aux socialistes français. Le 22 octobre 1956, un avion de transport civil emmenait cinq Algériens, chefs de FLN, du Maroc à Tunis, où devait se tenir une conférence. L’avion volait par prudence uniquement dans l’espace aérien international. « Obligez-le à se poser par tous les moyens. S’il refuse, ouvrez le feu !  », transmet par radio le poste de contrôle aérien de l’armée française au pilote du chasseur envoyé, en toute illégalité, à la poursuite de l’avion de ligne d’Air Maroc. Le pilote d’Air Maroc se sent obligé d’obtempérer. À bord, l’hôtesse de l’air reçoit l’ordre de fermer les rideaux, par crainte que les chefs du FLN se rendent compte que l’avion change de trajectoire, « pour vous permettre de prendre un peu de repos », dit-elle aux passagers. Ceux-ci resteront en prison jusqu’à l’indépendance et jusqu’à ce que l’un d’eux, Ben Bella, devienne le premier président de l’Algérie indépendante.

De l’histoire ancienne nous dira-t-on. Alors, va pour l’histoire récente !

Elle ne vole pas bien haut non plus, celle-là. Mais relève aussi de la chasse aux opposants et réfugiés politiques et à la collaboration internationale entre grandes puissances dites « démocratiques »… Rancune d’il y a un demi-siècle restée tenace ! Il y a quelques semaines, fin avril, la police française a arrêté neuf réfugiés politiques italiens anciens membres des Brigades rouges dans les années 1970, les a relâchés en les gardant sous contrôle judiciaire avant de satisfaire le gouvernement italien qui demande leur extradition pour leurs actions terroristes de l’époque. «  La France, elle aussi frappée par le terrorisme, comprend l’absolu besoin…  » clame Macron pour justifier son rôle de flic et son intention de transférer ces opposants d’il y a 50 ans aux prisons italiennes. Espérons que les recours en justice et les protestations qu’ont soulevées ces méthodes permettront aux neufs réfugiés politiques italiens de continuer à vivre en France où ils ont refait leur vie.

Olivier Belin

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article