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Éditorial du lundi 30 mars

« Pas de retard de prise de décision » ? Plus le mensonge est gros…

« Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement », a déclaré Édouard Philippe lors de sa conférence de presse samedi soir… Un ton clairement sur la défensive, et de mettre en avant les 600 millions de masques commandés en Chine, et le pont aérien mis en place pour les livrer. Pas de retard, sur la prise de décision… de doter les hôpitaux publics de moyens à la hauteur de toute épidémie ?

Cela fait un an que le personnel hospitalier se mobilise contre le manque de moyens. Au printemps 2019, un mouvement de grève dans les services d’urgence avait essaimé partout en France. À l’époque, ils dénonçaient déjà le fait d’être débordés par n’importe quelle épidémie de grippe ou de bronchiolite, pourtant saisonnières et parfaitement prévisibles. Alors face au Covid-19…

Le mouvement dans les hôpitaux s’est encore élargi à l’automne dernier, avec le soutien cette fois de nombreux chefs de service, et de « personnalités » du monde hospitalier. Le 2 octobre, une lettre ouverte à Macron demandait « un plan d’urgence pour sauver l’hôpital public ». Depuis, rien n’a été fait, et de nombreux chefs de service ont démissionné de leur fonction pour montrer symboliquement qu’ils n’étaient plus en mesure d’exercer correctement leurs missions, en temps normal. Alors face au Covid-19…

Dans les secteurs non essentiels

Mais l’ensemble de la population n’est toujours pas confinée, puisque de nombreux travailleurs sont contraints de continuer à travailler, dans des secteurs non-essentiels bien souvent. Et Macron et son gouvernement se gardent bien de contraindre les patrons à quoi que ce soit vis-à-vis de leurs salariés.

Pas question non plus de forcer les patrons à rendre les dividendes des actionnaires. Le gouvernement se contente seulement de demander aux entreprises de ne pas verser ces dividendes aux actionnaires si elles veulent toucher les aides. Et ces milliards non versés, loin d’être consacrés aux hôpitaux, aux chômeurs ou aux plus vulnérables serviront simplement à augmenter leurs trésoreries afin de garantir leurs profits futurs ! Tu parles d’une contrainte : PSA avait déjà pris les devants ces derniers mois, en regarnissant ses fonds propres, désormais gros de 15 milliards…

Droits de retrait et débrayages sont aujourd’hui des mesures de salut public

En tout cas, du côté des salariés, les droits de retrait se sont multipliés, à Amazon, à la Poste, mais aussi dans les centres techniques automobiles, où des travailleurs sont obligés de poursuivre leurs activités, alors qu’elles ne sont pas indispensables. Ils viennent « la peur au ventre » : de mourir, de tomber malade et de contaminer leur famille.

Dans les usines, la direction PSA, qui voulait faire repartir la production cette semaine, a dû temporiser face à la pression de la base et à un front des syndicats, y compris les plus béni-oui-oui et complaisants. Encore s’il s’agissait de produire des respirateurs ou autres appareils susceptibles d’aider à combattre le virus, mais PSA propose simplement de piquer le matériel de protection qui manque cruellement au personnel soignant pour fabriquer des véhicules et des boîtes de vitesses… sans que les salariés aient le moindre regard sur les conditions de production.

Les industriels français, et le gouvernement Macron à sa botte, voudraient-ils transformer le pays en un champ de contamination ? Les ouvriers ne les laisseront pas faire. Comme ils ne se laissent pas faire aux États-Unis, en Italie, en Irlande du Nord ou en Algérie, forçant le plus souvent les patrons à reculer, à respecter le droit des travailleurs à la « sécurité sanitaire » ou simplement à la vie.

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