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Archives > Éditos L’Étincelle > 2020 > mars > 9

Sous le coronavirus, la contestation couve toujours

« Notre système de santé est prêt et notre vigilance est au plus haut niveau. » Contre le coronavirus, le ministre de la Santé Olivier Véran a visiblement choisi l’arme de l’antiphrase et de l’humour involontaire, bien que le sujet ne prête pas à rire. Que le système de santé ne soit précisément pas prêt à gérer une épidémie comme celle-ci, faute de moyens et de personnels, c’est précisément ce que dénoncent depuis bientôt un an les hospitaliers qui ont encore battu le pavé le 14 février dernier.

Qui va payer la facture ?

Vendredi soir, le gouvernement a activé les « plans blancs » dans tous les hôpitaux. Seraient-ce enfin les moyens tant attendus ? Même pas ! Car ces plans permettent surtout de réquisitionner les personnels en repos et de trier les patients, en déprogrammant les soins pour les maladies « moins urgentes ». Il faudra donc gérer l’afflux de patients à budget quasi-constant.

Les patrons dont les affaires vont être perturbées par la maladie font d’ores et déjà savoir que ce sont les travailleurs qui vont payer la facture. À Air France, la direction pousse les salariés à prendre des congés sans solde ou à anticiper leurs vacances et a déjà annoncé le gel des embauches. Une compagnie suédoise, SAS, donne déjà dans le chômage technique.

Le gouvernement français vient de « décréter l’état d’urgence économique » avec des mesures en faveur des entreprises (étalement du paiement des impôts et cotisations sociales, facilitation des crédits de trésorerie, etc.). Mais qu’a-t-il prévu pour contraindre les patrons à payer intégralement les salariés confinés chez eux ? Pour geler les licenciements et les suppressions d’emplois ?

« On dit stop ! On se lève et on se bat »

Macron, qui s’affiche beaucoup depuis quelques jours, a réuni jeudi après-midi des chercheurs spécialisés. Le même jour, 8 600 chercheurs et étudiants manifestaient à Paris contre la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui va aggraver le manque de moyens dans ce domaine. À cette occasion, un scientifique qui travaille depuis 17 ans sur le coronavirus admettait que « la majorité des projets qu’on avait sur le virus était en stand-by, en partie à cause de problèmes de financement ». Dans les laboratoires comme à l’hôpital, la même austérité produit les mêmes effets : faute de moyens, l’épidémie pourrait vite se transformer en crise sanitaire.

Donc la contestation couve toujours. La semaine dernière, des lycéens se sont encore mobilisés contre la tenue des nouvelles épreuves du bac, les E3C, obtenant parfois le report. Et les cortèges de samedi soir et de dimanche pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes étaient plus fournis et plus jeunes que d’habitude.

Mais à chaque fois, le gouvernement répond par la matraque et les gaz lacrymogènes, que ce soit contre les lycéens ou contre celles (et ceux !) qui manifestaient samedi soir dernier à Paris.

Macron et ses larbins ne sont pour rien dans l’épidémie de coronavirus, mais ils espèrent bien qu’elle étouffe les braises toujours chaudes de la colère sociale. C’est ainsi que le Premier ministre a fait passer en douce son 49.3. Mais attention à l’effet boomerang. Les raisons de cette colère n’ont pas disparu et les occasions de se faire plus qu’entendre non plus ! Un vent de remise en cause du système capitaliste souffle dans le pays, au moins aussi contagieux qu’un virus…

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