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Ne pas rester calmes dans la tempête

Selon un sondage Ifop paru dans Ouest-France ce dimanche 1er décembre, 76 % des Français s’attendent à une explosion sociale dans les prochains mois.

Il faut dire que les raisons de se battre ne manquent pas. D’abord pour les salariés bien sûr. Fin novembre, Mory Ducros annonçait son dépôt de bilan avec la suppression de 2 000 à 3 000 emplois à la clef. Sans compter les quelque 736 plans (anti)sociaux recensés entre janvier et septembre derniers ! Mais les fermetures d’usines ne pèsent pas que sur les seuls salariés. En Bretagne, l’agroalimentaire fait vivre des villes entières. De tout petits patrons, petits agriculteurs, pêcheurs, restaurateurs risquent aussi de mettre la clé sous la porte.

Quant à la fiscalité, dont Ayrault évoque une « remise à plat », elle égratigne à peine les fortunes du CAC 40. Mais les 800 000 foyers fiscaux qui se sont fait imposer pour la première fois cette année, et tous ceux qui devront payer le prix fort de l’augmentation de la TVA au 1er janvier prochain, ont mille fois raison de protester contre l’injustice fiscale.

Aux travailleurs de prendre la tête des contestations

Dans ce contexte, les capitalistes de l’agroalimentaire et d’ailleurs, ainsi que leurs petits copains de droite et d’extrême droite, voudraient cueillir les fruits de la colère. Alors, c’est à la classe ouvrière, si elle ne veut pas que d’autres le fassent, de prendre la tête des cortèges. À elle d’unifier tous les cris de révolte, de couvrir la voix des grands patrons par celle du monde du travail. Si des transporteurs routiers peuvent organiser des barrages dans tout le pays avec 4 000 camions, pourquoi les travailleurs ne seraient-ils pas en mesure de bloquer l’économie, à une tout autre échelle, en unifiant leurs luttes ?

Cette contre-offensive nécessaire, les directions syndicales ne l’organisent pas. Leurs manifestations du week-end précédent en Bretagne, éclatées sur quatre départements, avaient fixé comme objectif un « volet social » au « pacte d’avenir pour la Bretagne », ce coup de bluff du gouvernement Ayrault. Leur politique consiste à quémander un peu de « social » à un gouvernement dont toute la politique est anti-ouvrière !

Ne compter que sur nous-mêmes

À Carhaix, samedi dernier, un « Pôle ouvrier » d’un millier de travailleurs menacés de licenciement a rejoint sous les applaudissements la fête des Bonnets rouges, en réclamant l’interdiction des licenciements. Ils ont eu bien raison, tout en étant solidaires, de faire entendre la voix des salariés.

Le lendemain, à Paris, Mélenchon appelait à une manifestation pour « une révolution fiscale » pour, dit-il, ne pas laisser aux Bonnets rouges le monopole de la contestation, lui-même n’ayant que des visées électoralistes après avoir insulté les travailleurs bretons qualifiés de « nigauds ». Heureusement, pas dupes de cette tentative de diversion, une bonne partie des manifestants à Paris, comme ceux du pôle ouvrier de Bretagne, ont tenu à mettre en avant autant l’interdiction des licenciements que le refus de la hausse de la TVA.

Oui, il y a bien des occasions de manifester notre colère… à notre façon. Les salariés en lutte pour leur emploi – de Mory Ducros à Fagor-Brandt en passant par La Redoute, Goodyear, Gad, Doux, Tilly-Sabco, Marine Harvest, Kem One, TNT Express, PSA, Renault, EADS, Michelin… sans oublier les salariés des services publics confrontés aux plans de suppressions d’effectifs – pourraient se rassembler en un pôle ouvrier qui prendrait la tête de toutes les colères sociales.

Puisque les politiciens se prétendant à la gauche du PS, puisque les confédérations syndicales ne fédèrent pas grand-chose… que les travailleurs le fassent eux-mêmes !

En exprimant leur solidarité avec toutes les couches laborieuses de la population ; en coordonnant leurs luttes ; en faisant entendre leurs revendications :

Interdiction des licenciements !

Partage du travail entre tous !

Augmentation immédiate des salaires !

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