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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2021 > août > 16

Liberté ? Ou nécessité de se débarrasser de la loi du profit capitaliste ?

Après un cinquième samedi de manifestations de rue, nous entrons dans la deuxième semaine de « pass sanitaire ». Cette fois pas de tolérance, nous dit-on ! Les réfractaires seraient verbalisés. Guignol menace du gendarme ! C’est tout ce que Macron sait faire, à un moment où la pandémie remonte en flèche, pas seulement dramatiquement en Martinique et en Guadeloupe, mais dans bien des départements du pays, parce que ni les virus ni leurs variants ne connaissent de frontières ; parce que les questions de santé publique, pour être raisonnablement et efficacement abordées et résolues, devraient l’être à l’échelle mondiale et « libérées » de la loi du profit capitaliste.

Le variant Delta venu d’Inde flambe dans le monde…

Et le Véran Bêta frappe ici. Macron et son ministre promettent d’atteindre les 90 % de vaccinés à l’automne dans le seul cadre des frontières nationales. Quand bien même un tel projet serait réalisable, l’épidémie se poursuivrait ailleurs, avant de fatalement nous revenir en boomerang, sous forme de nouveaux variants qui mijotent déjà dans des pays pauvres où la vaccination est inexistante.

C’est que, malgré les déclarations de Macron sur le fait que les vaccins devraient être un « bien mondial de l’humanité, et pas la propriété de l’un ou l’autre », il n’est toujours pas question de lever la propriété des brevets des grands groupes pharmaceutiques. D’où cette « fracture vaccinale » qui fait des ravages : 3 % de vaccinés dans les pays pauvres, et dans un pays riche comme la France, un taux bien supérieur dans les beaux quartiers et villes bourgeoises que dans les quartiers populaires. Parce que la liberté de se soigner, l’égalité devant l’accès aux soins n’existe pas sur la planète capitaliste. La santé est une marchandise qui n’est pas à la portée de toutes les bourses ! Et les profits des mega-firmes pharmaceutiques, que les Biden, Merkel ou Macron protègent, restent plus importants que nos vies. L’apparition de nouveaux variants sert même aux labos pour justifier une hausse du prix des doses de vaccin ! BioNTech vient de renégocier avec l’Union européenne dans l’opacité la plus totale une hausse du prix de ses vaccins Pfizer de 15,50 à 19,50 euros.

Refuser les boucs sanitaires

Du reste, même dans des pays riches comme Israël et l’Islande, où les taux de vaccination sont parmi les plus élevés au monde, il a fallu organiser des reconfinements partiels face à la reprise épidémique. On a affaire à une pandémie, donc à la propagation d’une maladie à l’échelle mondiale. L’éradication du virus et de ses multiples variants ne peut se concevoir qu’à cette échelle. C’est là où les mensonges des dirigeants des pays riches, qui défendent la loi du profit maximum des multinationales de ces métropoles impérialistes, sont criminels.

Macron a beau jeu à l’intérieur des frontières françaises de se dédouaner en désignant comme boucs émissaires ceux qui refusent de se faire vacciner. À commencer par certains soignants accusés d’être « antivax » et autres travailleurs de première ligne, ceux-là même qu’il remerciait hypocritement au sortir du premier confinement. Ce ne sont pourtant pas eux qui sont responsables du délabrement de l’hôpital public, de la mort de milliers de personnes décédées faute de soins ou de matériel !

Faire face au tour de « passe-pass » de Macron

Ces derniers mois, des dizaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi pour assurer aux actionnaires leurs dividendes démentiels. La loi « pass sanitaire » qui introduit de nouveaux motifs de licenciement ou de « suspension » de salaire est une arme supplémentaire offerte au patronat pour frapper les travailleurs qui feraient l’erreur de reporter sur les vaccins leur détestation de Macron et de son monde. Sous pandémie, le patronat a tiré profit de tout ce qu’il pouvait pour maintenir ses profits – chômage partiel, télétravail, petits boulots et surexploitation, le tout avec des milliards d’aides de l’État. Tout en remettant sur la table les attaques contre les retraites et les allocations chômage. Le CAC40 dépasse tous ses records.

Et nous, travailleuses et travailleurs ? Il va falloir nous organiser pour mettre un terme à ce hold-up.

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