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À Paris

Les travailleurs sans papiers manifestent par milliers pour exiger leur régularisation

2 juin 2020 Article Politique

Ils étaient des milliers à défiler ce samedi 30 mai : 5 500 d’après la préfecture de police qui a pris le soin de compter les participants à cette manifestation qu’elle avait pourtant interdite !

Les organisateurs avaient à juste titre maintenu leur appel et les travailleurs sans-papiers étaient au rendez-vous.

À la Madeleine et à l’Opéra, les manifestants se sont retrouvés en masse, la plupart masqués (virus oblige !), mais déterminés à faire entendre leur voix. Les flics ont bien tenté de disperser les rassemblements, mais les matraques, les gaz lacrymogènes et les interpellations n’ont pas suffi face aux centaines de personnes qui affluaient. Bien au contraire : ce sont les gendarmes et les CRS qui ont été obligés de reculer et d’ouvrir un passage aux manifestants.

Une première démonstration de force pour des sans-papiers, pourtant particulièrement exposés aux contrôles et à l’épée de Damoclès judiciaire de l’« Obligation de quitter le territoire français ». La seconde démonstration était leur nombre, bien supérieur aux derniers défilés du même genre. Une affluence qui a sans doute surpris très heureusement les organisateurs. Alors que l’appel avait été signé par près de 200 organisations et personnalités, les militants étaient très peu nombreux. L’interdiction préfectorale n’était évidemment pas pour encourager, ni les risques sanitaires.

Ceux qui avaient fait le déplacement – notamment le NPA – ont été chaleureusement remerciés par les manifestants pour leur soutien. Peu de banderoles et de drapeaux donc, mais des milliers de travailleurs immigrés. Des hommes essentiellement (la grande majorité d’origine africaine) venus en groupe depuis les foyers pour dénoncer la politique du gouvernement. Macron lui-même était visé par les slogans. Lui et ses lois anti-immigrés qui rendent la vie toujours plus dure à cette partie de la classe ouvrière qui vit ici, travaille ici, est totalement indispensable dans le bâtiment, la restauration, le nettoyage et bien d’autres secteurs essentiels, mais subit les magouilles des patrons et les persécutions des flics.

Ils revendiquent des papiers et la fermeture des Centres de rétention administrative. Mais ils voulaient aussi dénoncer les conditions de vie dans les foyers surpeuplés où le confinement a été particulièrement pénible et les risques de contamination démultipliés par la promiscuité.

Après une bonne heure de marche à travers une capitale encore engourdie par le confinement, le cortège a débouché sur une place de la République bouclée par la police, qui voulait prendre sa revanche sur les manifestants et avoir un dernier mot un peu dérisoire pour laver l’affront de la journée. Quelques tirs de lacrymogènes et une centaine d’interpellations plus tard, la place se vidait.

Ce samedi, la détermination des sans-papiers à obtenir les mêmes droits que les autres travailleurs a été plus forte que la répression, ce qui en dit long sur la colère. Une nouvelle manifestation est prévue le 20 juin. La lutte continue pour faire tomber les frontières de papiers par lesquelles les dirigeants politiques et leur police voudraient diviser les exploités.

Hugo Weil

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