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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > juillet > 8

Les commanditaires des assassins sont ici

La semaine dernière, dans la nuit du vendredi 28 juin, la capitaine allemande du navire de l’ONG Sea-Watch, Carola Rackete, avait forcé le blocus imposé par les autorités italiennes pour débarquer 42 migrants à Lampedusa. Le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini l’avait arrêtée et assignée à résidence dans l’île. Elle a été finalement libérée, car des dizaines de milliers de personnes ont défilé en Italie et en Allemagne en solidarité avec l’héroïne du Sea-Watch et pour réclamer une prise en charge des migrants sauvés en Méditerranée.

Mourir en Méditerranée…

Le 1er juillet, on déplorait encore le naufrage d’un bateau de près de 80 migrants.

Samedi 6, un nouveau navire humanitaire a donc lui aussi accosté de force dans le port italien de Lampedusa avec 41 migrants.

Un autre encore l’a fait à Malte dans la foulée, défiant ouvertement le gouvernement italien.

À noter que Matteo Salvini, d’extrême droite, avait reçu le soutien indirect du ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner, qui reprenait les mêmes mensonges en déclarant le 5 avril dernier que les ONG chargées de secourir les migrants « ont pu se faire complices des passeurs ».

… ou sous les bombardements

Mais que fuient-ils ces migrants ? Selon un directeur de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides : « Les migrants ont le choix entre errer en Méditerranée ou mourir bombardés ».

Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juillet, 44 ont été tués et une centaine blessés dans la banlieue de Tripoli, lors d’un raid aérien lancé contre un centre de détention de migrants. Cette frappe a été attribuée par le gouvernement d’union nationale (GNA) installé à Tripoli, aux forces rivales de Khalifa Haftar, qui l’accuse en retour.

Les donneurs d’ordre

Trump, Macron, Castaner ou Salvini ont fait semblant de s’émouvoir de ce massacre, mais ils ne manquent pas de culot. Tout d’abord, ce même général Haftar avait été soutenu ouvertement par la France et les États-Unis, pour « contrôler les flux migratoires » et surtout garantir la mainmise sur le pétrole en Libye.

Ensuite, c’est cette Europe des barbelés, à commencer par l’État français, qui finance et forme les gardes-côtes libyens liés aux groupes criminels au « contrôle des frontières ».

Autrement dit, ce sont ces mêmes dirigeants européens, ces commanditaires qui sous-traitent à leurs hommes de mains la mise en esclavage, la torture et les assassinats dans les centres de rétention de Libye. Ces mêmes commanditaires qui chargent les chefs de gangs locaux de protéger les complexes gaziers et d’assurer ainsi les actifs de leurs actionnaires.

Et c’est ainsi que les camps de réfugiés, financés par l’UE, sont bombardés par ceux que les grandes puissances voudraient voir garantir leur intérêt en Libye depuis la chute de Kadhafi.

Ce sont donc les mêmes donneurs d’ordre européens qui poussent les migrants au désespoir pour ensuite les laisser se noyer en Méditerranée.

Ces mêmes donneurs d’ordres au service des Vinci, Bouygues, Total ou ENI qui, chez nous en France, en Italie et partout en Europe, surexploitent, profitent et licencient. Ce sont eux qu’il faudra bien renverser. Et les migrants, nos frères de classe, sont ceux qui pourraient bien nous y aider.

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