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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 125, mars-avril 2019 > Fin du monde, fin du mois, même combat !

Les Gilets jaunes se coordonnent !

Une des rengaines de Macron et de ses fidèles contre le mouvement des Gilets jaunes est qu’il serait flou, inorganisé, divisé, bref cafouilleux... ce qui se discute car, depuis quatre mois et au fil de dix-huit semaines, c’est le gouvernement qui cafouille et bafouille face à des rendez-vous de Gilets jaunes du samedi réglés comme du papier à musique, dans toutes les villes du pays. Avec des assemblées dans une multitude de villes. Avec un maillage serré de liens sur les réseaux sociaux. Avec même quelques porte-parole comme Jerôme Rodrigues, Éric Drouet ou Priscillia Ludovski, non élus en bonne et due forme, certes, mais dont le crédit à ce jour est lié à leur fermeté face à Macron. À cela s’ajoute, depuis deux mois, des tentatives d’organisation plus formelles et plus larges, dont la dernière en date est la tenue le samedi 16 mars à Paris d’une coordination nationale dans la grande salle de la Bourse du travail, de Gilets jaunes qui ont saisi l’opportunité de la montée nationale sur la capitale pour se réunir à 450, venus de 71 villes ou QGs (dans un encart ci-contre, l’appel qui en est sorti). Cette coordination ne représente pas – loin de là – tous les Gilets jaunes du pays. Les affrontements sur les Champs-Élysées et les contraintes de disponibilité de la salle ont laissé un temps limité au débat. Mais cette coordination a été une étape, exprimant l’aspiration manifeste à se structurer pour frapper tous ensemble et donc plus fort. Une étape dans une chaîne d’efforts dans ce sens.

Vent d’Est

Dans l’Est du pays, comme dans bien d’autres régions, l’habitude a été prise assez vite d’organiser des manifestations régionales en tournant d’une ville à l’autre : Colmar, Strasbourg, Belfort, Mulhouse, Metz… Ces rendez-vous ont été, semaine après semaine, l’occasion de créer des liens entre les différents QGs et de renforcer dans bien des cas ceux pris à travers les réseaux sociaux. De cette aspiration à échanger et se coordonner est née une première Assemblée des assemblées de Gilets jaunes à Commercy, dans la Meuse, à la fin janvier 2019. Scrupuleusement préparée durant des semaines, en nouant une multitude de contacts. De cette assemblée, un appel est sorti et la proposition de se retrouver deux mois plus tard, en avril, à Saint-Nazaire.

Dans la même veine et la continuité, les Gilets jaunes du QG Strasbourg-République ont organisé une coordination de l’Est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté) le dimanche 24 février à Strasbourg. Pendant deux semaines, ils se sont mobilisés matin et soir pour assurer la bonne tenue de cette assemblée : trouver une salle, préparer les repas (une paëlla à la couleur particulièrement appropriée !) et, surtout, prendre contact avec le plus grand nombre de Gilets jaunes de la région. C’est finalement 250 Gilets jaunes qui se sont réunis dans l’enthousiasme et la détermination à la fin février pour partager leurs expériences, discuter de leurs revendications et préparer tous ensemble la suite du mouvement. En ligne de mire, la montée nationale à Paris le 16 mars et la nécessité de se coordonner à une plus large échelle. Le samedi suivant 2 mars, à Colmar, lors d’une manifestation régionale bon enfant mais non moins déterminée, a été réaffirmée l’importance de se retrouver tous à Paris le 16 mars pour manifester dans le même cortège. L’idée a germé alors de saisir l’occasion de cette montée nationale pour tenter une rencontre des Gilets jaunes de toutes les régions. Avec un objectif : marquer le coup, tous ensemble, le jour de la fin du Grand Débat ou plutôt de la Grande Mascarade organisée par Macron sans les Gilets jaunes et contre eux ; affirmer l’importance de se structurer au niveau national tout en gardant les habitudes de démocratie à la base. Cela, après la première Assemblée des assemblées de Commercy et dans la perspective de celle de Saint-Nazaire début avril.

Vers l’Ouest en passant par Paris !

Des contacts se sont alors noués dans l’ensemble de la France par une multitude de biais (et au prix d’efforts tenaces !), à commencer par les innombrables pages Facebook des groupes de Gilets jaunes. Une nouvelle occasion de constater la vitalité du mouvement et la multiplicité des tentatives de structuration, locales mais pas que... L’idée de se retrouver le 16 mars à Paris a été très bien reçue, y compris par celles et ceux s’excusant de ne pas pouvoir venir, cette fois-là, parce qu’ils s’étaient engagés à rester pour manifester ce samedi dans leur ville.

Le jour J, 16 mars 2019, Gare du Nord à Paris, le cortège de la coordination des Gilets jaunes de l’Est a déployé sa banderole aux côtés de celui de la coordination du Nord, grâce aux contacts noués pour préparer la rencontre nationale. Défilé commun jusqu’aux Champs-Élysées malgré les lacrymos, les matraques et les barrages policiers qui n’ont pas entamé, voire ont exacerbé, la détermination. Dans la foulée des manifestations sportives du matin, 450 personnes venues d’une centaine de régions et comités se sont retrouvées dans la grande salle de la Bourse du travail, sous la présidence de Jean Jaurès, du moins de son buste affublé d’un gilet jaune ! À la tribune, des Gilets jaunes des Vosges, d’Alsace, du Nord, de la région parisienne... Les interventions, toutes entrecoupées d’applaudissements spontanés et fournis, ont marqué la détermination de ne rien lâcher face au gouvernement : les revendications essentielles du mouvement contre la vie chère et pour une véritable démocratie ont été réaffirmées à plusieurs reprises. Comme le besoin de coordination nationale. À l’issue de cette rencontre, un Appel de la coordination des Gilets jaunes réunis le 16 mars à la Bourse du travail de Paris a été chaleureusement adopté, qui appelle au rendez-vous national à Saint-Nazaire les 6 et 7 avril : la prochaine étape !

17 mars 2019, Correspondantes


Appel de la coordination des Gilets jaunes réunis le 16 mars à la Bourse du travail de Paris

Nous, 450 Gilets jaunes de 71 villes, comités et QGs, nous sommes réunis à Paris à l’occasion de l’Acte XVIII, en convergence avec la lutte pour le climat et en solidarité avec la lutte du peuple algérien, pour partager nos expériences et construire ensemble la suite. Alors que le gouvernement faisait parler, une fois encore, la matraque et le gaz, le succès de notre Assemblée témoigne de notre détermination et de notre volonté de coordonner notre mouvement. D’autres assemblées et coordinations régionales se sont déjà tenues et se tiendront encore. Convaincus que la multiplication des contacts et des liens assurera le succès de l’action commune, nous nous retrouverons nationalement à Saint-Nazaire les 6 et 7 avril.

Quatre mois et toujours là !

Malgré la répression et les calomnies de Macron, des milliers de Gilets jaunes s’organisent pour résister et changer la société dans ce qu’elle a de plus injuste, depuis le 17 novembre. Partout en France, nous revêtons nos gilets jaunes et relevons la tête sur nos ronds-points et dans nos entreprises. Nous ne voulons pas seulement un juste prix à la pompe. Nous voulons également contribuer à poser les bases d’une société démocratique qui ne nous condamne pas à la pauvreté pour fabriquer des riches toujours plus riches. La fin du grand débat ne nous arrêtera pas ! Notre combat conserve le soutien de la population qui partage les problèmes de vie chère et d’organisation démocratique que nous posons.

La fin du grand blabla a sonné et nos revendications restent inchangées !

La liste de nos revendications est longue, mais les revendications essentielles sont celles de la population qui en a marre de trimer pour gagner de moins en moins et payer de plus en plus ; qui en a marre de ne pas pouvoir décider elle-même de tout ce qui la concerne. Parce que nous voulons vivre et pas survivre !

Nous exigeons :

  • des mesures immédiates contre la vie chère : l’augmentation de tous les salaires, pensions et allocations et leur indexation sur les prix ; la suppression de la CSG et de la TVA sur les produits de première nécessité ;
  • la justice sociale par la suppression immédiate du CICE pour les grandes entreprises et le rétablissement de l’ISF ;
  • un pouvoir réellement démocratique qui passe notamment par la mise en place du RIC en toutes matières et révocatoire ;
  • une véritable prise en compte du changement climatique qui ne s’oppose pas à la justice sociale que nous réclamons ;
  • l’amnistie de tous les Gilets jaunes et l’arrêt immédiat des poursuites et des violences contre les manifestants.

Toutes et tous ensemble, pour que Macron dégage ainsi que sa politique au service des riches et des grands patrons !

Rendez-vous à Saint-Nazaire les 6 et 7 avril pour la prochaine étape et certainement pas la dernière. Notre combat ne s’arrêtera pas. Actions, blocages et manifestations se poursuivront. La rencontre d’aujourd’hui, notre nombre et la force des interventions en est la démonstration !

Paris, le 16 mars 2019

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