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Le programme de Macron : un show par jour pour faire campagne

21 octobre 2021 Article Politique

Macron en joueur de foot à Poissy, Macron en visite à Marseille, Macron au congrès des pompiers, Macron chez les pêcheurs… Il n’est pas encore officiellement candidat mais passe son temps devant les caméras pour vanter les réalisations de son quinquennat et occuper le terrain face à ses rivaux – notamment ses concurrents de droite dont il reprend les thématiques réactionnaires.

« 5 ans de + » au service des patrons

Macron a beau prôner « l’esprit de victoire et de conquête » d’une scène médiatique à l’autre, son projet de « start-up nation » a du plomb dans l’aile. Et son bilan est accablant.

Pas pour le patronat bien sûr, qui a gonflé ses marges grâce aux aides massives aux entreprises (CICE, plans de relance…) et aux réformes du droit du travail qui ont accru l’exploitation des salariés. Rien qu’au cours des six premiers mois de 2021, les groupes du CAC 40 ont réalisé 58 milliards de bénéfices ! Mais l’argument du ruissellement risque de tourner un peu court, au vu de l’explosion des inégalités : douze millions de personnes vivent désormais sous le seuil de pauvreté. Plans de suppressions de postes, explosion de la précarité, gestion calamiteuse de la crise sanitaire (des mois de restrictions et près de 120 000 morts – mais il se croit toujours épidémiologiste !)… Macron devra encore mouiller le maillot pour vendre sa politique anti-ouvrière « 5 ans de + » (selon la formule des tracts de LREM). Il est sans doute plus judicieux pour lui de parler de l’avenir que des quatre années écoulées !

Même les promesses sont inégalitaires

Mais, à l’Élysée ou en short, Macron reste sur sa ligne. Son interminable discours sur le plan « France 2030 » valait profession de foi. Dans la lignée du Concorde ou du TGV, il annonce des réacteurs nucléaires de poche et un avion « bas carbone » dans dix ans (avec cinq années d’avance sur les prévisions des ingénieurs !). Surtout, il promet 30 milliards pour l’industrie d’ici 2030. Une paille par rapport aux subventions déjà versées… ou plutôt un amuse-gueule pour garantir aux capitalistes qu’il est bien celui qui leur offrira de nouvelles perspectives de profits. Pour n’en frustrer aucun, il a même promis que l’État soutiendrait aussi les « projets que l’on ne connaît pas encore » !

Pour les travailleurs, c’est une autre affaire. Dans ce même discours, Macron revendique son action passée et donne le ton : « j’assume d’investir dans les innovations industrielles et de moins dépenser dans les dépenses curatives comme l’assurance-chômage. » En effet, le président en campagne a le chéquier facile, mais pas pour tout le monde…

Certes, il promet des aides aux agriculteurs victimes de catastrophes naturelles et se pose en protecteur des animaux en annonçant de l’argent pour les refuges de chiens et de chats. Mais quand il s’agit de répondre à l’urgence sociale, il n’y a plus « d’argent magique » !

Ainsi les pompiers qui revendiquent plus de moyens auront seulement droit à… un numéro d’urgence unique ! Quant au plan de rénovation des écoles de Marseille annoncé en grande pompe à la rentrée, son financement est tombé dans les limbes – tant pis pour les quartiers populaires. Et pendant que les sages-femmes réclament la revalorisation de leur salaire, la police comptera sur les 500 millions d’euros prévus par le Beauvau de la sécurité. Macron a ses priorités !

En Marche vers la droite

Car face à la concurrence, Macron file le train à la droite, voire à l’extrême droite. Zemmour, Le Pen ou Bertrand, quel que soit son adversaire potentiel au second tour, il veut montrer ses compétences dans les domaines du maintien de l’ordre, de la chasse aux migrants et du nationalisme.

Là au moins, il peut dérouler son bilan ; avec les lois Asile et immigration (2018), Sécurité globale (2020), Séparatisme (2021), et encore récemment avec le harcèlement des migrants à Grande-Synthe et les restrictions de visas aux ressortissants maghrébins. Les déclarations de Blanquer sur la lutte contre « l’idéologie woke » et les tweets enflammés de Darmanin en défense de la police ne sont pas grand-chose face au bilan de celui qui avait été élu contre Marine Le Pen… Car dans la surenchère réactionnaire, les actes valent plus que les promesses !

Le bon côté des années Macron

Malgré tout, le quinquennat a eu des aspects prometteurs : le mouvement des Gilets jaunes, la longue grève à la SNCF et à la RATP contre la réforme des retraites, les manifestations de la jeunesse pour le climat et celles contre les violences policières. Voilà un bon début… qu’on n’attendra pas 2030 pour faire fructifier !

Hugo Weil

(Article paru dans l’Anticapitaliste no 587)

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