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Le 11 octobre, et surtout après, on fait quoi ?

Joyeux, le débat télévisé des primaires socialistes ! Manuel Valls nous engage à faire un effort « aussi important que celui que la France a dû faire après la guerre ». Martine Aubry veut limiter la hausse du Smic « tant que la croissance n’est pas là ». François Hollande, s’il est élu, prendra « des décisions lourdes(…) sans doute rapidement  » .

Nous voilà prévenus. Si en 2012, Sarkozy est remplacé par un président socialiste, ce sera pour continuer la même politique : plans d’austérité, salaires au rabais, poursuite des licenciements...

Les aspirants candidats du PS à la présidentielle tiennent à se montrer « responsables » vis-à-vis des intérêts des patrons et des banquiers : à nous ils veulent serrer la vis mais à eux ils s’apprêtent à délier encore les cordons de la bourse publique. C’est quoi par exemple, ce pompeux « contrat de génération » de Hollande, si ce n’est de nouvelles exonérations de cotisations sociales pour les patrons qui prétendraient embaucher des jeunes ! Un cadeau de plus au patronat qui s’ajoute à ceux qui ont creusé ce déficit de l’Etat qu’on veut nous faire payer.

Rien d’étonnant ! La gauche au pouvoir dans le passé en France n’a pas mené une politique différente de la droite. Et aujourd’hui en Europe, elle n’en mène pas une autre : les plans d’austérité pour « sauver les banques » et garantir les profits, c’est au Portugal, en Grande-Bretagne ou en Italie la droite qui les décide, mais en Espagne ou en Grèce, c’est la gauche. Ce sont des gouvernements socialistes qui baissent les salaires, favorisent les licenciements, privatisent…

En Grèce, les plans d’austérité qui se succèdent depuis deux ans suscitent la résistance de la population, qui manifeste, fait grève, bloque des ministères. Le socialiste Papandréou, venu tout récemment à Paris promettre à Sarkozy qu’il saura faire payer les classes populaires grecques, a préféré demander un petit sursis : réduire son déficit à 8,5 % du PIB au lieu des 7,4 % qu’on lui demande. Il n’est pas si sûr de lui face à la colère ! Au Portugal, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues ce samedi contre l’austérité. Jusqu’à New York, où des jeunes ont suivi ce dimanche l’exemple des Indignés, en manifestant contre les financiers de Wall Street : « Vous avez faim ? Mangez un banquier ! », disait une pancarte.

Sans aller jusque-là, ces mobilisations montrent la voie ! Les travailleurs, les classes populaires auraient la force de tout bousculer, en ripostant par un mouvement d’ensemble.

Sans attendre 2012. Car les patrons, eux, n’attendent pas pour multiplier leurs attaques : ni PSA qui a annoncé début septembre de nouvelles fournées de suppressions d’emplois, avec menace de fermeture à terme de ses usines d’Aulnay-sous-Bois et de Madrid ; ni Arcelor-Mital qui vient d’annoncer la fermeture (provisoire ou définitive ?) de son dernier Haut-fourneau en Lorraine ; ni le groupe Montupet qui fait aux ouvriers de sa fonderie de Châtellerault le chantage : soit 25 % de baisse des salaires soit la fermeture du site. Ce qui a déclenché la grève.

Le 27 septembre, la grève des enseignants a été largement suivie, montrant que la mobilisation du monde du travail est possible. Mais pourquoi les enseignants seuls, il y a une semaine, et les autres ensuite, appelés à participer à la journée d’action du 11 octobre ? Pourquoi pas tous ensemble ? Les directions syndicales ne sont guère convaincantes ! Et leurs dirigeants, pour la plupart, ne sont pas loin de penser qu’effectivement les travailleurs devront consentir quelques sacrifices…

Mais ne nous laissons surtout pas prendre à ce piège. Nous n’avons pas à payer un radis pour leur crise, et si la première mobilisation d’ensemble de cette rentrée, le 11 octobre, peut servir à quelque chose, ce serait pour le faire entendre le plus clairement et fortement.

Il faut que cette journée soit réussie. Mais il faudra bien plus. Les réactions actuelles, pour l’instant dispersées, contre les plans de licenciements, les coups de colère sur les salaires, ou contre les baisses d’effectifs dans les services publics et l’aggravation des conditions de travail partout, pourraient être les points de départ d’une véritable explosion sociale, s’ils savaient devenir contagieux, se propager d’un secteur à l’autre.

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