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La guerre du Vietnam au plus près de ceux qui l’ont vécue, documentaire de Ken Burns et Lynn Novick

Disponible sur Arte Replay

5 septembre 2021 Article Culture

Arte présente depuis début août (disponible jusqu’à février 2022) une série documentaire en neuf épisodes, de 55 minutes chacun, qui balaye trente ans d’histoire du pays et de la région : de 1954, L’Indochine, la fin (défaite du colonialisme français), jusqu’à 1975, L’effondrement (défaite et départ de l’armée américaine). Comme bon nombre de documentaires, il mêle interviews d’historiens et d’acteurs du conflit (nationalistes nord-vietnamiens, soldats sud-vietnamiens, marines américains) et images d’époque. C’est la richesse de ces images qui fait l’intérêt premier de ce documentaire.

La guerre d’Indochine (nom du Vietnam sous colonisation française) menée par la France de 1946 à 1954 avait pour but de préserver l’emprise coloniale. Le retrait des troupes françaises après leur défaite de Diên Biên Phu, infligée par les maquis du Viêt-Minh (mouvement nationaliste à étiquette communiste qui contrôlait le nord du pays), avait été sanctionné par des accords signés à Genève en 1954, coupant le pays en deux : le Vietnam du Nord entre les mains du Viêt-Minh, le Vietnam du Sud entre celles d’un « empereur », Bảo Đại, vite destitué par son Premier ministre, Ngô Dình Diem, pro-occidental et farouchement anticommuniste.

Dès lors, les États-Unis allaient prendre le relais de la France en soutenant d’abord le régime de Diem par des subsides et des conseillers militaires, avant d’entrer eux-mêmes en 1965 dans la guerre, par l’envoi toujours plus massif de troupes, contre le Vietnam du Nord et les maquis nationalistes qui leur étaient liés dans le sud (Viêt-Cong). La première puissance mondiale entrait en guerre pour préserver son influence dans cette partie du monde, pour « endiguer le communisme » dans une région où la Chine de Mao et sa révolution de 1949 était devenue la bête noire. Une première guerre avait été menée par les États-Unis en Corée, de 1950 à 1953, pour « contenir » le communisme.

S’appuyant sur le gouvernement sud-vietnamien, les États-Unis se sont enlisés dans une guerre sans fin – déjà, bien avant celle menée en Afghanistan ! – qui donna lieu, aux USA, à l’apparition d’un mouvement anti-guerre assez puissant pour faire vaciller les projets du gouvernement américain alors qu’au Vietnam, parmi les GIs, se développaient la démoralisation et la drogue. Le documentaire revient à la fois sur les choix politiques des USA, mais aussi sur les méthodes guerrières barbares, traumatisantes pour ceux qui y ont participé sur le front, contre une guérilla qui connaît bien mieux le terrain et qui est forte du soutien d’une grande partie de la population.

Le documentariste, Ken Burns, dit vouloir ouvrir « un espace au sein duquel différents points de vue pourraient cohabiter », ceux de diplomates américains comme d’anciens du Viêt-Cong. À l’époque en tout cas (c’est ce que montrent les images), c’était la violence déployée par la puissance américaine, qui comptait réduire le camp d’en face en massacrant de façon systématique la population nord-vietnamienne. On y observe aussi le courage des combattants nord-vietnamiens, assoiffés d’émancipation, mais luttant derrière une direction nationaliste qui imposa finalement une dictature sur la population, une fois la guerre terminée. Logique d’un combat nationaliste. On y comprend également le rôle du mouvement de contestation de la guerre, qui rejoint celui des droits civiques aux États-Unis, et anime le puissant mouvement de révolte étudiante qui a saisi la planète en 1968. Croulant sous le poids des dépenses colossales et des problèmes politiques que la guerre soulevait sur leur propre sol, les USA ont fini par se désengager (choix fait en 1973, départ en 1975), non sans avoir concocté un nouvel ordre en Asie par un rapprochement spectaculaire avec la Chine réputée communiste. En 1972, Nixon rend visite à Mao ! Mais les dirigeants du premier impérialisme mondial laissaient derrière eux un champ de ruines dévasté par le napalm et les exactions.

À l’heure du désengagement de l’Afghanistan, le documentaire rappelle une fois de plus à quel point la guerre toujours renouvelée des grandes puissances impérialistes pour imposer leur rôle de gendarmes dans les zones du monde dont ils voudraient garder le contrôle, contre les aspirations à l’émancipation des travailleurs et des peuples, charrie de barbarie… mais aussi de révolte.

Mona Netcha

À noter qu’est disponible aussi sur Arte un documentaire, Afghanistan, pays meurtri par la guerre, qui balaie en quatre épisodes d’une heure chacun plusieurs décennies de l’histoire du pays, des années 50 à aujourd’hui. À voir aussi.

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