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La gauche en Île-de-France, entre voie sans issue et contre sens

25 juin 2021 Article Politique

Le second tour des élections régionales pourrait reconduire Valérie Pécresse à la tête de la région Île-de-France. Elle sera opposée ce 27 juin aux représentants macroniste et lepeniste, mais aussi à une liste d’union de la gauche… Produit de la fusion des listes écologistes, socialistes et insoumise, c’est l’écologiste Julien Bayou, arrivé en tête de ce petit monde au premier tour, qui mènera cette liste.

L’abstention a atteint des sommets lors du premier tour, près de 80 % chez les jeunes et les couches populaires. Pourtant, des travailleurs semblent tentés de renvoyer Pécresse à ses études. Plus particulièrement, les travailleurs des transports sont dans le viseur de la région, par le biais de son autorité organisatrice Île De France Mobilités. Revancharde après la grande grève contre la réforme des retraites de l’hiver 2019, Pécresse a fait de la dégradation des conditions de travail des salariés (notamment SNCF et RATP), un axe de campagne, flattant ainsi les franges les plus réactionnaires de son électorat. Elle promet une loi anti-grève qui irait plus loin encore que celle de Sarkozy en 2007, lorsqu’elle était au gouvernement. Pure propagande, tant les exécutifs régionaux n’ont aucun pouvoir législatif… À moins qu’on ait affaire là à une esquisse de programme présidentiel ? Elle flatte en permanence le principe de la concurrence, plus exactement dans son esprit la mise en concurrence entre eux des travailleurs soumis à un enchevêtrement de réglementation du travail, pour systématiquement aller vers les pires conditions. Les filiales privées des grands groupes publics (Keolis, Transdev), sont célébrées dans cet optique, avec leurs propositions moindres sur les premiers appels d’offre qui commencent à arriver, aussi parce que les grèves y sont moins fréquentes… pour l’instant.

Beaucoup de vidéos rappelant ou résumant les positions anti-ouvrières de Pécresse circulent à grande vitesse parmi les machinistes, conducteurs, mainteneurs ou cheminots. Et il faut le dire, la volonté de mettre un caillou dans la chaussure de cette potentielle concurrente de Macron pour 2022 se comprend tout à fait… Mais pour mettre en place qui ? Une gauche qui sauverait les travailleurs du transport des attaques dont ils sont l’objet ? Certainement pas !

Les exemples ne manquent pas pour dissiper ces illusions électorales, au-delà du ralliement de l’ancien président socialiste Jean-Paul Huchon ou de Manuel Valls à Pécresse, qui prouve déjà qu’on a bien affaire au même monde. Les attaques contre les cheminots, qui ont pris la forme du démantèlement de l’entreprise publique SNCF, ont été l’œuvre de la droite comme de la gauche : division de l’entreprise en 1997 sous Jospin, réforme ferroviaire en 2014 sous Hollande, décret socle en 2016 également qui permettait l’attaque contre la réglementation du travail… Ces gouvernements Hollande ne reviendront d’ailleurs jamais sur l’attaque sans précédent contre le droit de grève que constitue la loi sur le service minimum de 2007, qui s’applique à l’ensemble du secteur. C’est également Hollande qui ajoute la compétence transport (jusqu’ici détenue par les départements) aux nouvelles grandes régions issues de sa réforme. Toutes les raisons d’une grande méfiance sont réunies quand il s’agit d’étudier les promesses de cette gauche, dont les dignitaires franciliens ont tous participé ou ont été solidaires de majorités parlementaires soutenant des gouvernements pas si anciens…

La bourgeoisie, derrière son appareil politique, promet la guerre aux travailleurs du transport. Ceux-ci doivent se préparer à réagir. Au-delà de tout corporatisme entre entreprise publique ou privée, entre route et rail, entre boutiques syndicales, les travailleurs du transport doivent se rencontrer, échanger sur leurs conditions de travail, établir des revendications communes. C’est un travail de longue haleine peut-être, dont les premières tentatives commencent à naître ici ou là, mais qui présente plus de garanties pour passer à la contre-offensive que de s’en remettre à des politiciens de gauche.

Philippe Cavéglia

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