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Archives > Éditos L’Étincelle > 2018 > août > 27

La canicule est finie, mais avec Macron on n’a pas fini d’en suer !

Alors que beaucoup d’entre nous finissent leur mois d’août avec un porte-monnaie maigrichon pour cause de vacances, voilà qu’arrive la rentrée avec toutes les dépenses qu’elle entraîne. Cahier à spirales pour la musique, crayons de couleurs pour les « arts plats », deux cahiers plutôt qu’un pour « l’histoire-géo »… La prise en charge des manuels par les établissements est une aide bien sûr, mais pour un enfant entre 6 et 10 ans, il faut tout de même compter 368 euros, et jusqu’à 400 euros s’il a entre 15 et 18 ans. Certains se débrouilleront avec les petites combines ou Emmaüs pour alléger la facture.

Petit déjeuner dans les écoles pauvres ?

Mais rassurons-nous, le gouvernement a bien conscience de nos difficultés : la preuve, il envisage la mise en place de « petits-déjs » dans les écoles prioritaires. C’est peut-être nécessaire pour certains enfants de familles très démunies, mais on craint fort qu’il s’agisse encore d’une mesure « déshabiller Pierre, pour habiller Paul ». On se souvient de la mesure phare de la « classe de CP à 12 élèves » brandie par Macron tout au long de sa campagne. Au final cette mesure ne concernera cette rentrée que 5 400 classes de zones REP+ (Réseau Éducation Prioritaire) et, faute d’augmenter les locaux et le nombre d’instits, elle entraînera forcément des effectifs plus nombreux dans les autres niveaux.

Les recalés de Parcoursup

Et pour les grands, comment va se passer cette rentrée ? Vous vous souvenez de Parcoursup, la nouvelle plateforme Internet concoctée par l’équipe de Blanquer, le nouveau ministre de l’Éducation ? Plus efficace, plus transparente, plus juste… les promesses faites au lancement de la réforme étaient nombreuses. Cette plateforme devait permettre d’accompagner « individuellement » chaque élève dans son orientation post-bac et éviter le recours au « tirage au sort »…

Résultats des courses ? Au lendemain des résultats du bac, quelque 100 000 jeunes encore inscrits sur Parcoursup demeuraient sans aucune proposition de formation, soit plus qu’en 2017 ! Et à quelques semaines de la rentrée universitaire, ils sont toujours plus de 15 000 à rester dans l’attente d’une réponse. Et il ne faut pas oublier ceux qui n’ont obtenu que des réponses négatives à l’ensemble de leurs vœux et de leurs projets. À cela il faut ajouter les 47 000 « inactifs », ceux qui n’ont pas répondu à temps aux sollicitations les invitant à s’inscrire en phase complémentaire. Les voilà désormais « radiés » de Parcoursup, un peu comme les chômeurs qui disparaissent des comptes de Pôle Emploi faute d’avoir rempli tel formulaire ou honoré tel rendez-vous dans les temps.

Le renforcement des inégalités

Mais Blanquer et son équipe refusent de reconnaître cet état de fait. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur a déclaré, excédée : « J’ai toujours dit qu’on ferait un bilan à la fin septembre et c’est ce qu’on fera ». Bref, on fera le bilan quand les cours auront démarré ! Tant pis pour ceux qui ont disparu des listes, tant pis pour les recalés des facs qui n’ont pas les moyens d’entrer en école privée. Tant pis pour les parents dont les mômes sont encore sur liste d’attente pour des formations dans deux régions différentes, obligés de verser des cautions dans plusieurs CROUS pour retenir un logement étudiant.

Au final, Parcoursup n’a fait que renforcer les inégalités sociales déjà existantes. Mais il ne faut pas se plaindre puisque l’allocation de rentrée scolaire destinée aux familles les plus en difficulté a été revalorisée… de 1 % !

Le gouvernement prétend qu’il faudrait limiter les dépenses de l’État pour la bonne tenue des comptes publics. En ce nom, il refuse de mettre les moyens nécessaires dans l’éducation, comme dans les autres services publics, peu important les conséquences pour la population.

Mais quand il s’agit de faire des cadeaux aux patrons, Macron et Philippe ne regardent pas à la dépense. Ils font bien un choix, et c’est celui des riches.

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