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La France, royaume des Picsou et des « sans l’sou » !

26 octobre 2020 Article Économie

Depuis le confinement, ceux qui gouvernent et leurs conseillers économiques nous l’ont répété sur tous les tons, pour ne pas dire jusqu’à plus soif : l’épargne des ménages en France a considérablement augmenté, d’environ 50 milliards d’euros au total. Et d’utiliser la donnée pour justifier de ne pas faire de cadeaux aux plus pauvres, en particulier en matière de salaires et allocations spéciales. Puisqu’il existe une épargne si massive, donc du fric disponible à la consommation, pas besoin de coups de pouce ! Consommez donc puisque vous avez un bas de laine !

Tendancieux voire mensonger !

Il existe certes une épargne, mais globalement contrainte, d’abord en raison même du confinement et des difficultés pratiques à consommer et ensuite en raison de la crise économique et de la peur de l’avenir. Si le placement dans une assurance-vie était particulièrement populaire avant la pandémie, du moins dans un milieu relativement aisé et âgé, il n’y a pas du tout gagné avec la crise – déjà parce que sa « rentabilité » est de toute façon en baisse. Et celles et ceux qui arrivent à épargner font d’autres choix. En priorité, ils préfèrent garder leur argent disponible en cas de coup dur. Ensuite, sans surprise étant donnée la réforme des retraites voulue par le gouvernement et contre laquelle un mouvement gréviste d’importance a eu lieu l’hiver dernier, c’est le plan d’épargne retraite (PER) qui a vu sa part augmenter.

Mais qui peut penser sérieusement que les travailleurs soumis au chômage partiel ou total se sont enrichis ? L’alarme donnée il y a quelques semaines par la présidente du Secours populaire – qui disait n’avoir jamais vu autant de personnes demander de l’aide, dont 45 % d’entre elles ne l’avaient jamais fait avant le confinement – contredisait déjà ces annonces sur « l’épargne des Français ».

Les annonces passent sous silence de grandes disparités

Selon une étude du Conseil d’analyse économique, 20 % des ménages les plus riches représentent 70 % de cette épargne. Bref, ce sont dans leur écrasante majorité les riches qui épargnent ! Pire, les 20 % des foyers les plus pauvres, non seulement n’ont pas réussi à épargner un sou entre mars et août, mais se sont même endettés. Et le rapport qui rend compte de l’étude demande gravement, au moment où une vague de licenciements déferle un peu partout en France et dans le monde : « Désormais la question va être : comment soutient-on les revenus de ceux qui sont le plus touchés par la crise ? » Et suggère d’augmenter les minimas sociaux, ce que Macron a refusé explicitement dans son dernier discours. Le rapporteur LRM du budget prend néanmoins le problème au sérieux – ou fait mine ! – puisqu’il avance la proposition qu’il dit forte, pour le quatrième budget rectificatif qui devrait être présenté début novembre, d’un… « chèque déconfinement » aux « familles précaires et aux jeunes de moins de 25 ans qui ne touchent pas le RSA ». Au mieux, encore une aumône par rapport aux besoins.

Une politique d’interdiction des licenciements dans cette crise sanitaire exceptionnelle ? Une politique d’augmentation des salaires pour les premiers de corvée, en particulier les hospitaliers qui sont sur le front ? Pas du tout, un chèque pour les pauvres – peut-être – et encore des milliards aux entreprises pour faire ruisseler les profits sur la tête de leurs actionnaires… ou pour licencier.

Barbara Kazan

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