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L’invention du colonialisme vert : pour en finir avec le mythe de l’éden africain, de Guillaume Blanc

Flammarion, 2020, 326 p., 21,90 €

26 avril 2021 Article Culture

Historien de l’environnement et spécialiste de l’Afrique contemporaine, Guillaume Blanc dénonce dans cet ouvrage la gestion des parcs nationaux en Afrique. Qu’il s’agisse de la Tanzanie, du Kenya, de la République démocratique du Congo, de l’Éthiopie ou encore d’autres pays, la mise en place et l’administration de ces parcs s’accompagne d’une grande violence envers les populations qui y vivent.

Le parc du Simien en Éthiopie est plus particulièrement étudié. L’Unesco, ainsi que des ONG comme le WWF, conçoivent la protection de la nature dans une optique que l’auteur qualifie de coloniale : à travers l’image stéréotypée de la forêt vierge, des montagnes ou de la savane peuplées uniquement d’animaux sauvages, ils entretiennent le mythe de l’éden africain, dont les êtres humains sont exclus, à l’exception des touristes des pays riches, venus profiter du grand spectacle de la nature.

Conséquences : des peuples chassés de leurs terres, ou victimes de la violence des gardes quand ils s’obstinent à vivre dans ces parcs nationaux. C’est la colonisation qui a causé les plus grands dommages aux espaces naturels du continent africain, tout comme le néo-colonialisme continue actuellement à surexploiter ses ressources naturelles. Mais dans l’esprit des administrateurs de l’Unesco, c’est l’Homme africain qui représente un danger constant pour la biodiversité. Autant le pastoralisme est présenté comme respectueux de la nature en Vanoise ou dans les Cévennes, autant il est quasiment criminalisé dans les parcs nationaux africains, quitte à raser des villages entiers et exiler en ville leurs habitants condamnés à y (sur)vivre de manière bien moins écologique. Un paradoxe qui s’explique, selon l’auteur, par une vision post-coloniale, utilitariste, moralisatrice et méprisante des pays d’Afrique et de leurs habitants.

L.G.

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