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Du « repli stratégique » de juin 1940 à la « réorientation » de l’opération Barkhane de juin 2021

L’art et la manière de transformer une déculottée en une habile opération militaire

13 juin 2021 Article Monde

Après plus de huit ans d’engagement au Sahel et au Sahara – dans une zone aussi vaste que l’Europe occidentale – Emmanuel Macron a annoncé la fin de l’opération militaire Barkhane. Dans la foulée, la ministre des Armées, Florence Parly, a précisé que la France resterait tout de même dans la région, sans trop s’attarder sur la forme que prendrait cette présence.

À l’heure actuelle, Barkhane s’appuie sur onze bases dans les différents pays de la région – Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Tchad, Mali – dont six rien qu’au Mali. Les 5 100 hommes de l’armée française sont censés être appuyés par des forces spéciales européennes regroupées dans la task force Takuba. Mais à part de petits contingents de forces spéciales venues de quelques pays européens (notamment d’Estonie, de Tchéquie, de Suède et de Grèce), les autres membres de l’Union européenne ne se bousculent pas pour engager des forces dans ce qui est désormais un véritable bourbier.

Et, au cours de ces dernières années, les groupes djihadistes n’ont cessé de se renforcer en jouant sur l’incapacité des gouvernements locaux – largement corrompus, affairistes et dictatoriaux – de répondre aux besoins vitaux de la population.

Quant aux forces africaines, elles semblent plus intéressées par les coups d’État que par la lutte anti-terroriste. Et celui qui vient de se produire au Mali, confirmant le pouvoir des militaires qui ont renversé en août dernier le président ami de la France en place, met un peu plus à mal les relations de ce pays avec la France et réduit encore les options de cette dernière.

C’est cet échec que Paris tente de camoufler aujourd’hui en parlant de « réorientation » et de « recentrage » de l’effort militaire, et en espérant convaincre Washington de s’y associer. Ce qui n’est pas gagné d’avance.

Le vocabulaire de Macron rappelle d’ailleurs beaucoup celui de Paul Raynaud, président du Conseil en juin 1940, qui à chaque percée allemande parlait de « simple repli stratégique » de l’armée française. Ce qui avait inspiré à l’humoriste Pierre Dac une chanson intitulée « la défense élastique ».

C’est le même genre de ritournelles que nous ressortent aujourd’hui Macron et Parly… mais en nettement moins drôles.

Jean Liévin

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