Loi Travail, accords de compétitivité, réorganisations
Inverser le rapport des forces entre les travailleurs et le patronat, c’est possible maintenant !
30 mai 2016 Éditorial des bulletins L’Étincelle Politique
Depuis la semaine dernière, la mobilisation contre la loi Travail ne se mesure plus seulement en nombre de manifestants mais en secteurs et entreprises en grève. Cette semaine, la RATP devrait rejoindre les cheminots, raffineurs et électriciens... Malgré une intense campagne d’intox, les deux-tiers de la population considèrent que la responsabilité de la situation incombe au gouvernement : leurs « blocages », ce sont de véritables grèves, impliquant des milliers de travailleurs et non une poignée de syndicalistes !
Pour l’instant, le gouvernement n’a rien cédé sur l’essentiel, mais la lutte engagée a déjà porté quelques fruits « collatéraux » : Hollande vient d’annuler la baisse des budgets de recherche tandis que Valls s’est engagé auprès des routiers à ce que la loi ne baisse pas la rémunération des heures supplémentaires...
Le gouvernement se fissure : Hollande, Valls et Gattaz restent droit dans leurs bottes
Certains prônent le compromis : députés « frondeurs » ou autres et même le ministre des Finances Michel Sapin. Jusqu’à l’ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, c’est dire ! Ce qui a conduit tous ces braves gens à « réfléchir », c’est la conscience que les travailleurs peuvent, s’ils le veulent, tout paralyser.
Mais « Je tiendrai bon », a fanfaronné Hollande depuis le Japon le vendredi 27 mai. « Je considère que ma responsabilité, c’est d’aller jusqu’au bout », a affirmé Valls samedi 28 mai, propos qui vont exactement dans le même sens que ce que dit le patron du Medef, Gattaz, dans Le Monde daté du 31 mai. Aux travailleurs de leur faire ravaler leur arrogance.
Loi Travail, décret-socle, Plan Hirsh, allocations-chômage : « ils se lâchent ! »
Ce projet de loi symbolise tout ce que doivent subir de nombreux travailleurs et que la loi Travail consacrerait et permettrait d’étendre partout. Elle n’est qu’un volet d’un plan d’attaques du patronat et du gouvernement.
Dans les hôpitaux de la Région parisienne, la loi Travail s’appelle Plan Hirsh. Et sur l’ensemble des hôpitaux, la création de « groupements hospitaliers » avec fermetures de services et réductions de postes. Une catastrophe en vue.
À la Poste, les réorganisations se multiplient qui se traduisent par des journées allongées, des jours de congés en moins.
À la SNCF, la loi Travail s’appelle décret-socle, contre lequel les cheminots se battent.
Les fonctionnaires sont dans le collimateur d’un nouveau rapport qui vient d’être remis à Valls concernant 15 jours de congés « en trop » en moyenne dont, paraît-il, ils bénéficieraient. Il est clair que les fonctionnaires sont la prochaine cible.
À Renault, non content d’avoir imposé un « accord de compétitivité », Carlos Ghosn en veut désormais un de « hyper-compétitivité »... pendant qu’à PSA l’annonce d’un nouveau « plan de compétitivité » a provoqué la semaine dernière de premiers débrayages...
Gouvernement et Medef n’oublient évidemment pas les chômeurs : El Khomri a repris cette demande des patrons de rendre dégressives les allocations de chômage, ce qui pourrait bien devenir effectif dès le 1er juillet. Comme on dit, « ils se lâchent » !
... Alors, lâchons-nous !
La mobilisation contre la loi Travail ne faiblit pas et des grèves éclatent, comme dans les caisses d’épargne. Il s’agit en fait de la même lutte, contre les différentes facettes de l’offensive patronale. Employés, ouvriers, postiers, cheminots, agents des hôpitaux, fonctionnaires territoriaux, d’État, chômeurs – le rejet de la loi Travail doit permettre de faire converger toutes les luttes : qu’une telle généralisation se fasse, et la victoire ne sera pas loin !
À condition de ne pas laisser les syndicats faiblir. À condition de ne pas laisser seuls ceux qui sont déjà en grève, de poursuivre la mobilisation et de l’étendre.
Dès cette semaine, joignons-nous aux manifestations prévues ce 2 juin, sans attendre celles du 14 juin. Le monde du travail n’a jamais, au cours de ces dernières années, été aussi près de pouvoir renverser le rapport des forces avec le patronat.
Mots-clés : Loi Travail

