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Accueil > Éditos de bulletins > 2002 > février > 11

Il va falloir occuper le podium !

On nous amuse avec le prétendu idéal olympique. Pour que les JO d’hiver aient lieu à Salt Lake City, aux Etats-Unis, certains membres du Comité international olympique se seraient fait acheter plus cher que jamais. Le bâtiment va, le commerce va, dans cette région du « lac salé » où la note surtout est salée et bénéficie à une kyrielle de grandes firmes qui utilisent les performances sportives comme tremplin publicitaire vers 3 milliards de téléspectateurs !

Notable aussi, le fait que ces jeux du 21e siècle aient lieu dans une ville américaine dont toute la vie politique, économique, médiatique (sans oublier l’organisation des jeux) est dominée par une des plus grosses sectes religieuses du monde, les mormons, un genre de talibans américains, réactionnaires dans les idées et les mœurs. Ils prétendent avoir les yeux au ciel, mais ils ont les pieds sur terre pour ce qui est de faire du business !

Mais le grand manitou de l’opération, c’est Bush. Le sport n’échappe ni au fric ni à la politique. Et au moment où la faillite plus que frauduleuse de la firme Enron menace de l’éclabousser, lui, sa famille, son vice-président et des ministres, le président américain saisit l’occasion des JO pour faire surenchère de patriotisme. Un drapeau américain retrouvé dans les ruines du World Trade Center a été porté en triomphe par athlètes et policiers ! Et Bush, surtout, de réaffirmer ses buts de guerre. Après l’Afghanistan, ce sont la Corée du Nord, l’Iran, l’Irak qui sont menacés du même sort : populations bombardées, villages détruits.

Mais c’est aussi la guerre contre les travailleurs américains que Bush et les patrons américains mènent. La prétendue riposte au terrorisme international justifie l’accentuation des sacrifices que la bourgeoisie a besoin d’imposer aux classes pauvres pour ne pas faire, elle, les frais de la récession économique. La « relance » se fait à coups d’augmentation du budget militaire, c’est-à-dire de commandes pour de gros trusts du pays, de subventions pour d’autres, et d’utilisation guerrière. Et dans le même temps, à coups de vagues de licenciement qui se soldent par 1,4 million de chômeurs de plus depuis un an, et des pauvres toujours plus pauvres. A coups d’économies sur les services publics également.

En France, on nous amuse avec d’autres jeux. Savoir lequel des deux prétendues grosses pointures pour la présidentielle se mettra le premier dans les starting-blocks. Ça vient de sortir : c’est Chirac ! Jospin ne va pas tarder.

On n’a pas Enron, mais on a Schuller. Et on a surtout le scandale permanent des grands trusts : TotalFinaElf qui se moque de la vie des gens, Thomson, Danone, Michelin, Moulinex et bien d’autres qui licencient à tour de bras. On n’est pas en guerre de la même façon que les Etats-Unis, ou pas encore. Mais les Chirac, Jospin et tous leurs sous-fifres, voudraient nous embarquer dans leur même croisade en faveur des grands patrons.

Il faudrait leur faire davantage encore de cadeaux. Il faudrait bientôt leur supprimer toutes charges sociales pour qu’ils embauchent des jeunes. Mais depuis que les politiciens de droite comme de gauche « aident » le patronat, celui-ci empoche mais n’embauche pas davantage. Le fric grossit les dividendes des actionnaires. Et là où l’Etat pourrait et devrait embaucher en masse, dans les services publics comme les transports, les écoles ou les hôpitaux où la colère gronde, il ne le fait pas et laisse au contraire les plus âgés partir sans être remplacés.

Résultat : la France compte plus de 4 millions de pauvres, des chômeurs mais aussi des travailleurs qui ont un emploi précaire, malgré la reprise économique de 1997.

C’est loin l’Amérique ? Non. Et les travailleurs des pays riches comme les peuples des pays pauvres, vont devoir ramer tous ensemble contre une guerre ouverte ou insidieuse dirigée contre eux tous.

Pour que ce soit enfin leur colère qui occupe le devant de la scène.

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