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Accueil > Éditos de bulletins > 2012 > janvier > 9

Hold-up « social »

A l’attaque au pas de charge ! A peine entrées en vigueur les augmentations de taxes après le 1er janvier, le gouvernement annonce qu’il va mettre en place une TVA dite « sociale ». Traduisez : exonérations de cotisations sociales pour les patrons, financées par une augmentation de la TVA, le plus injuste des impôts. Avec son taux unique, il pèse le plus lourdement sur ceux qui dépensent l’intégralité de leurs revenus, à savoir les travailleurs et les classes populaires. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette TVA anti-sociale, donc, est en fait une vieille revendication du Medef.

Enrichissez-nous, disent les patrons !

Pour nous faire avaler ladite TVA, le gouvernement parle de « favoriser l’emploi » en « baissant le coût du travail ». Un argument archi-usé, servant à justifier les exonérations de cotisations sociales des patrons depuis des années. Ces exonérations – représentant 27,7 milliards d’euros en 2010 – n’ont jamais permis d’enrayer la montée du chômage. Mais pour messieurs les capitalistes, le travail, pourtant source de création de toute richesse et de leur propre enrichissement, représente un « coût ». Un « coût » fait de bas salaires, qui permet aux actionnaires du CAC 40 de se distribuer plus de 37 milliards d’euros de dividendes pour fêter la nouvelle année ! Les capitalistes coûtent décidément très cher aux travailleurs.

L’arnaque

Pour cacher cette réalité, rien de tel qu’une campagne chauvine sur le thème du « produire en France ». La TVA sociale aurait des vertus « anti-délocalisation », les entreprises ne bénéficiant pas des exonérations pour leur production à l’étranger.

Le hic, c’est que cela revient à croire que les patrons vont répercuter la baisse des cotisations sur les prix. Rien n’est moins sûr ! Le seul objectif de la campagne nationaliste « made in France » est de nous faire accepter ce racket, sous prétexte de solidarité nationale… avec les capitalistes français.

Quand les élections s’en mêlent

Année électorale oblige, Sarkozy gesticule et fait semblant de s’en prendre au chômage. Par exemple en faisant mine de s’intéresser au sort des salariés de SeaFrance, qui en seraient réduits à réinvestir leur prime de licenciement dans une coopérative dont l’avenir n’a rien d’assuré. Le gouvernement se contente de soutenir hypocritement le projet de coopérative. Mais derrière SeaFrance, on trouve la SNCF qui vient d’annoncer des bénéfices record, c’est-à-dire l’Etat qui a donc les moyens de maintenir tous les emplois. Au lieu de quoi l’Etat patron reste aujourd’hui le premier licencieur de France !

Le gouvernement organise aussi un « sommet social » sur l’emploi, invitant syndicats et organisations patronales à discuter avec lui. En tête de gondole de ce sommet… la fameuse TVA sociale. Ils mettent le mot « social » à toutes les sauces, pour enrober les plans de licenciements, de suppressions d’effectifs, de précarisation et de baisse des salaires, en espérant ainsi acheter la complicité des dirigeants syndicaux qui se prêteront au jeu. .

Et ce n’est pas du côté du Parti socialiste, dont le programme électoral est un programme d’austérité assumé comme tel, que les travailleurs trouveront une quelconque volonté d’en découdre avec le programme antisocial du gouvernement.

A gauche comme à droite, on nous sert la même soupe dont le tout dernier ingrédient est ce ridicule serpent de mer de mini « taxe Tobin » censée contrôler la finance, alors que Sarkozy et consorts viennent de mettre des financiers véreux à la tête des Etats grec et italien ! Mais une soupe faite essentiellement de véritable austérité pour la population, le tout saupoudré de démagogie chauvine.

Pour lutter contre l’explosion du chômage et imposer l’interdiction des licenciements avec partage du travail entre tous et maintien du salaire, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes et la convergence de leurs luttes sociales. Afin que ce soit enfin eux, tous ensemble, qui dictent leur loi.

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