Guerre d’un type nouveau ? Toujours une même sale guerre !
24 septembre 2001 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Alors que le décompte des victimes des attentats de New York et de Washington ne cesse de croître, les dirigeants américains s’affairent à ce qu’ils nomment la « première guerre du XXI° siècle ». Une guerre qu’ils annoncent longue et « d’un type nouveau ». Des dizaines de milliers de soldats, des centaines d’avions et des navires de guerre sont d’ores et déjà déployés autour de l’Afghanistan. Si rien n’arrête les dirigeants américains, les morts ne manqueront pas de s’ajouter aux morts. Les prochaines victimes en Asie ne seront pas moins innocentes que celles déjà tombées en Amérique. Car la guerre, d’un « type nouveau » ou pas, c’est toujours cette vieille saloperie qui consiste à frapper des populations civiles ou militaires, mais jamais les vrais responsables.
Tandis que la « traque de Ben Laden » commence, la presse après avoir dévoilé les liens passés de celui-ci avec la CIA, nous en dit un peu plus sur les liens actuels avec les banques américaines, anglaises, suisses ou françaises qui blanchissent la puissance financière de ce milliardaire. Cet ex-homme de main de l’Etat américain, ne se contente pas, nous dit-on, d’entretenir des réseaux terroristes, il s’enrichit du trafic de drogue et de la spéculation boursière… tout comme d’autres simples capitalistes ! Des enquêtes aux Etats-Unis et dans les pays européens ont par ailleurs été lancées pour voir si des sociétés financières ou des compagnies assurant le « World Trade Center », ayant opéré d’importants mouvements de fonds juste avant les attentats, n’ont pas bénéficié de « délits d’initiés » pour spéculer sur l’évènement.
Le « business » se nourrit aussi de sang. Les attentats ont précipité la semaine dernière l’effondrement des bourses, mais les actions des industries militaires ont grimpé ! La nouvelle donne économique annoncée se traduit aux Etat-Unis - bientôt en Europe - par des licenciements en masse et des soutiens de l’Etat tout aussi massifs aux grosses sociétés dont les profits chutaient déjà avant.
Pour financer ces « patriotes » qui récupèrent d’autant plus de subventions qu’ils se précipitent à annoncer des licenciements en plus grand nombre, l’Etat devra taper dans les autres budgets, ceux de la santé, de l’éducation, et jouer de la planche à billets. L’inflation sera un prélude à la réduction des salaires. L’économie de cette « guerre d’un type nouveau », sera ainsi un grand classique.
Face à ces préparatifs, refusons de nous laisser enrôler, moralement ou physiquement. Refusons d’être les sacrifiés sur l’autel du profit, dans une guerre contre des peuples encore plus pauvres que nous, à laquelle notre gouvernement s’apprête à apporter sa caution et sa participation.

