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Grève de Grandpuits : Total joue la montre mais les grévistes restent déterminés !

28 janvier 2021 Article Entreprises

Cette semaine, les raffineurs de Grandpuits ont entamé leur quatrième semaine de grève contre la suppression de près de 700 emplois (directs et induits) organisée par Total. Une semaine importante dans leur mobilisation, en raison d’un CSE central du groupe, mais aussi face à la menace de l’isolement de leur grève si le gouvernement annonçait un nouveau confinement. La semaine a donc été chargée pour les grévistes : ils se sont rassemblés mardi devant le siège de La Défense, et ont invité de nombreux soutiens à venir leur rendre visite mercredi, sur le piquet de grève de la raffinerie à l’occasion de leur assemblée générale.

Total : en vert et contre nous

Mardi 26 janvier, Total tenait un CSE central au siège de La Défense, où était présenté un rapport d’expertise pour la reconversion de la raffinerie de Grandpuits – du pétrole vers le biocarburant – qui menace deux cents emplois directs, cinq cents avec les sous-traitants. Ronron du « dialogue social », échange d’amabilités soporifiques conduisant droit à un PSE prévu de A à Z ? Pas vraiment, puisque les salariés de la raffinerie, en grève pour la quatrième semaine consécutive, se sont invités au bas de la tour Total, bien décidés à se faire entendre. Mettant l’ambiance à coups de sifflets et de bidons transformés en tambours, ils ont pu dénoncer la toute nouvelle passion que Total s’est découvert pour l’écologie, ses promesses huileuses et ses prétextes fumeux pour supprimer des postes. Car Total promet bien sûr que tout départ sera volontaire et que tout sera vert dans le plus vert des mondes. On connaît ce type de volontariat et on en voit très bien la couleur. Quant à ceux qui ne partiront pas, soulignait un gréviste élu délégué de ligne, le rapport montre que les conditions de travail seront terriblement dégradées, perte d’effectif oblige… Dans ces conditions, la première revendication des grévistes est claire : zéro suppression de postes au cours de la reconversion.

Des soutiens extérieurs grossissaient les rangs de ce rassemblement : CGT TUI, Sud Rail, Sud PTT, Sud Renault, l’association écologiste Les Amis de la Terre ainsi que le NPA. En tout une centaine de personnes sous les fenêtres de la direction claquemurée. Pour finir, la com’ écolo de Total a pu être dénoncée comme il se doit : à grands jets de peinture verte recouvrant les vitres de la tour.

Hier la lutte contre la réforme des retraites, aujourd’hui celle contre les licenciements

Le lendemain, les grévistes s’apprêtent à accueillir leurs soutiens, qui arrivent petit à petit dès 11 heures. Beaucoup connaissent déjà le chemin de la raffinerie. Les liens tissés pendant la grève contre la réforme des retraites sont réactivés : les travailleurs des transports, RATP et SNCF, sont présents en nombre. À leurs côtés, des syndicalistes de l’automobile, de La Poste, Véolia, EDF, de l’Éducation… Les organisations politiques et associatives étaient elles aussi présentes : Les Amis de la Terre, le Parti communiste, la France insoumise, le Parti de gauche, et bien sûr l’extrême gauche, le NPA et son porte-parole Olivier Besancenot, et Lutte ouvrière.

Mais avant tout, l’AG des grévistes doit discuter des suites de la mobilisation. Un peu moins de cent grévistes sont réunis. Le délégué CGT ouvre l’assemblée générale : pour eux, le CSE de la veille a confirmé toutes les craintes, sur les suppressions de postes et la dégradation des conditions de travail entrainées par la reconversion. Total choisi le rapport de force contre les grévistes. Après avoir tenté de monter les sous-traitants de Simeo contre eux après une action de blocage des raffineurs, en menaçant de les renvoyer, la boite annonce cette fois-ci qu’elle ne donnera pas plus de précisions concernant la reconversion avant le prochain CSE du 9 février.

La parole est ensuite donnée au délégué CFDT, qui explique qu’il n’a rien contre Total. Quelques grévistes n’ont pas manqué de lui rappeler que c’est Total qui en avait après eux… Puis de rappeler ses principes : ce serait aux syndicats de décider et pas aux grévistes réunis en AG, avant d’être interrompu : « Allez, on a compris, laisse la parole à d’autres maintenant ! » La CGT prend la parole à nouveau, puis FO, les deux dans le même sens : ce sont les travailleurs qui font tourner la raffinerie, c’est eux qui sont en grève, c’est à eux de décider de comment l’organiser et la poursuivre. D’autres grévistes interviennent depuis l’AG, quelques-uns osent prendre le micro, pour insister sur ce qui les réunit : la grève aux grévistes, et la détermination à continuer, voire à durcir la grève en réduisant les relèves de ceux qui continuent de travailler.

Parmi les revendications proposées à l’AG : l’embauche de tous les CDD et intérimaires et des mesures pour des conditions de travail dignes, notamment sur la sécurité des travailleurs et du site.

Finalement, et dans une grande détermination, la grève est reconduite au mardi suivant.

« Une grève pour l’emploi »

La grève des raffineurs de Grandpuits, comme l’ont rappelé les interventions de l’AG, est une lutte pour l’emploi dans une vague de licenciements qui n’épargne aucun secteur : automobile, aéronautique, énergie, transports, santé… tous sont menacés. En rejoignant et en renforçant l’appel initié par les travailleurs de TUI, en participant nombreux, visibles, au coude à coude avec des salariés de différentes entreprises et différents secteurs à la manifestation du 23 janvier pour l’interdiction des licenciements, les grévistes de Grandpuits cherchent à étendre la bagarre qu’ils ont lancée contre les licenciements : « zéro suppression d’emplois » comme ils disent. Un objectif de lutte incontournable face à la pandémie de chômage.

Correspondants

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