Français, immigrés, avec ou sans papiers, une seule classe des travailleurs
14 novembre 2022 Éditorial des bulletins L’Étincelle Politique
L’Ocean Viking a finalement pu débarquer ses 230 passagers jeudi dernier à Toulon, mais leur calvaire est loin d’être terminé. Après plusieurs semaines d’errance faute d’obtenir une autorisation d’accoster, les naufragés, dont bon nombre sont dans un état de santé dégradé, ont été enfermés, gardés par l’armée, dans une prison à ciel ouvert. Les deux tiers d’entre eux seront envoyés dans d’autres pays d’Europe. Quant à ceux qui resteront, ils seront soumis aux interrogatoires de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés), ce qui risque fort d’aboutir à l’expulsion d’une partie d’entre eux, jugés « non-régularisables ».
Une hécatombe qui continue
Comble de cynisme, le gouvernement français a annoncé qu’il annulait l’accueil prévu de 3 500 réfugiés d’ici 2023… qui sont actuellement en Italie, prétendument pour « punir » ce pays. Ainsi, le « républicain » Macron et la « post-fasciste » Meloni déploient leur démagogie raciste et règlent leurs querelles diplomatiques avec la peau des autres, au sens littéral. Depuis 2014, plus de 25 000 migrants sont morts noyés en Méditerranée, dont 1 900 cette année. C’est un massacre orchestré, dont sont responsables tous les gouvernements de l’Union européenne, quelle que soit leur couleur politique, et complices tous les politiciens qui spéculent sur le racisme et un prétendu « problème de l’immigration ».
Une nouvelle loi anti-immigrés…
Dans le même temps, le gouvernement prépare une nouvelle loi contre l’immigration, aggravant les précédentes, en désignant les étrangers comme boucs émissaires et les accusant d’être responsables des crimes et délits, exploitant pour cela le meurtre atroce de la petite Lola, sous prétexte que la coupable était visée par une mesure d’expulsion. La principale mesure de ce texte est d’inscrire les obligations de quitter le territoire (OQTF) au fichier des personnes recherchées, ainsi que diverses mesures juridiques permettant de faciliter et d’accélérer les expulsions. On y trouve également la possibilité d’expulser des personnes arrivées en France avant l’âge de 13 ans. De quoi rendre la vie des immigrés encore un peu plus infernale. Emporté par sa démagogie et son empressement à courir après l’extrême droite, le ministre de l’Intérieur, Darmanin, va même jusqu’à annoncer des mesures… qui existent déjà, comme la connaissance du français. Pour les durcir. Et pourquoi pas un doctorat en lettres ou une agrégation de grammaire pendant qu’ils y sont ?
… pour mettre les immigrés à la merci des patrons
En même temps, Darmanin reprend et actualise la politique pro-Medef « d’immigration choisie » mise en place en 2007 par Sarkozy, en mettant à jour la liste des « métiers en tension », prévoyant de pourvoir d’un titre de séjour provisoire et renouvelable chaque année les travailleurs et travailleuses exploités dans des boulots, le plus souvent extrêmement durs et mal payés, où leur présence est indispensable. Il ne s’agirait pas que la course à l’échalote avec le Rassemblement national et la chasse aux migrants perturbe le moins du monde les affaires des patrons !
Pour l’unité du monde du travail
Car plus les travailleurs immigrés sont en situation précaire, sans papiers ou avec des titres de séjour à la tête du client et à durée extrêmement limitée, plus le patronat peut disposer d’une main-d’œuvre corvéable à merci, obligée d’accepter des salaires misérables et des conditions de travail éprouvantes. Cela pèse sur l’ensemble des salariés, tirant les salaires et les conditions de travail, pour tous les travailleurs, vers le bas. Les patrons jouent sur les divisions pour nous attaquer tous. Notre intérêt de travailleurs est d’être le plus unis possible, de bénéficier des mêmes droits et de nous battre ensemble. Et donc de lutter pour la fin de toutes les divisions et discriminations :

