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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 103, janvier-février 2016

Forte mobilisation sur les salaires dans le groupe Arkema

11 février 2016 Convergences Entreprises

Ces dernières années, peu de mobilisations avaient concerné l’augmentation des salaires dans le groupe Arkema. Lors de la précédente Négociation annuelle obligatoire (NAO), le patron, fort d’une très faible mobilisation des travailleurs dans les usines Arkema, en avait profité pour introduire des primes au lieu d’augmentations individuelles. Ceci avait agacé plus d’un salarié et, au cours de l’année 2015, plusieurs grèves ont éclaté sur différents sites pour revendiquer des augmentations générales de salaire. Sans résultat. Le patron a concédé quelques embauches et postes, tout en menaçant de chômage technique si les salariés continuaient la grève.

Des dirigeants qui s’en mettent plein les poches

Début novembre, la direction d’Arkema, réunie lors de la publication des résultats du troisième trimestre, a annoncé prévoir plus d’un milliard d’euros d’Ebitda (sigle anglais pour Bénéfices avant intérêts, impôts et amortissements) pour l’année 2015. Avec le système de distribution d’actions gratuites, les cadres dirigeants empochent des millions d’euros et les dividendes des actionnaires ne cessent d’augmenter. La CGT a organisé une campagne autour de ces résultats exceptionnels pour revendiquer des augmentations de salaires et préparer un mouvement de grève lors des NAO.

Comme à chaque bon résultat, la direction prétend qu’elle ne fait pas d’argent en France, mais grâce à ses usines à l’étranger. C’est surtout un bon moyen pour pratiquer l’optimisation fiscale, toucher des aides plus importantes de l’État et calmer les ardeurs revendicatives des travailleurs. Elle s’appuie aussi sur les chiffres officiels de l’inflation pour s’aligner dessus. Cette année, ces arguments n’ont pas marché.

Grève le 16 décembre, jour des NAO

À l’appel de la CGT, la majorité des usines du groupe Arkema (8 sur 12) se sont mises en grève le jour de l’ouverture des NAO tandis que les autres attendaient les propositions du patron pour prendre position. Les travailleurs revendiquaient 150 euros d’augmentation de salaire, le déplafonnement de la prime d’ancienneté qui était bloquée au bout de vingt ans et une revalorisation de la prime de poste pour les travailleurs en horaires décalés. Pendant la réunion de négociation, face à la réussite de la mobilisation, le DRH, hors de lui, a traité de « connards » les représentants de la délégation CGT. Le même DRH qui a débloqué, dans l’année, 500 000 euros des actions gratuites dont il bénéficie, pour en faire profiter ses proches.

Au final, après une première proposition à minima, la direction a proposé 1 % d’augmentation générale avec un talon de 30 euros, le passage à 21 ans d’ancienneté et une revalorisation de 5 % de la prime de poste pour les deux prochaines années. Elle disait qu’elle ne négocierait plus sous la pression de la grève et a fait son habituel chantage à la signature des syndicats, menaçant de revenir au point de départ s’il n’y avait pas d’accord. Ses propositions n’ont pas été jugées satisfaisantes pour la majorité des grévistes mais suffisantes pour les autres travailleurs et les syndicats qui n’ont pas participé au mouvement.

Un piquet de grève animé sur le site de Pierre-Bénite (Rhône)

À l’usine de Pierre-Bénite, toutes les installations étaient à l’arrêt et la grève était largement suivie dans les ateliers. De nombreux grévistes se sont retrouvés à midi sur le piquet de grève autour d’un barbecue. L’état d’esprit était à la combativité. La réussite de ce rassemblement a fait oublier les échecs précédents et le lendemain, les travailleurs se sont réunis en assemblée générale pour décider de la reconduction du mouvement de grève. L’ambiance était à la poursuite du mouvement mais, par rapport à l’état déclinant de la mobilisation sur les autres sites Arkema, les travailleurs ont finalement décidé d’arrêter la grève.

Ce mouvement, qui n’aura pas duré très longtemps, a néanmoins permis aux travailleurs de reprendre confiance dans leur force collective. Les résultats obtenus sont meilleurs que les années précédentes même s’ils restent largement insatisfaisants. Dans cette période marquée par des attaques violentes du patronat et du gouvernement, ce mouvement, certes modeste, traduit une nouvelle attitude plus résolue dans le rapport de force avec la direction.

26 janvier 2016, Maya PALENKE

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