Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Éditos L’Étincelle > 2017 > novembre > 27

Esclavage en Libye : Les porte-flingues… et leurs parrains

Des images diffusées sur CNN le 14 novembre ont fait le tour du monde : en Libye, des migrants sont vendus comme esclaves aux enchères. Pour quelques centaines d’euros… Les passeurs qui profitent de la détresse des migrants pour leur extorquer de l’argent sont des êtres immondes. Ceux qui trouvent normal de faire commerce d’êtres humains aussi. Mais que dire alors de ceux qui tirent les ficelles ?

La lutte des dirigeants européens contre les migrants

Face à l’afflux de migrants depuis 2010, les pays européens se sont hérissés de centaines de kilomètres de barbelés : autour de la Hongrie, de l’Autriche, de la Slovénie, de la Norvège ; un mur se dresse sur les frontières extérieures de l’Autriche… La France n’est pas en reste et se dote du sien à Calais.

Mais cela ne suffit pas et ne tarit pas le flot de ceux qui fuient la misère, la guerre, le plus souvent les deux, la liste des enfers de notre planète s’allongeant chaque année…

Ceux qui nous gouvernent n’envisagent pas un instant de mettre à disposition des migrants une toute petite partie des immenses richesses que recèlent nos pays (un pays riche comme la France avait promis d’accueillir avant fin 2017 seulement 30 000 réfugiés sur plusieurs millions et n’a accueilli à ce jour que le dixième !). Mais il faut dire que ces gouvernants consacrent déjà leur temps, dans leur propre pays, à pondre des lois pour jeter des familles, des vieux, des jeunes, des enfants dans le besoin : pourquoi seraient-ils pris de compassion pour les migrants ? Faut-il rappeler que les flics de Calais avaient l’ordre d’empêcher qu’on donne de l’eau aux bébés des familles de migrants et que ceux qui les ont aidés, dans la Vallée de la Roya proche de Menton, sont traînés devant la justice ?

Qui sont les commanditaires des trafics humains ?

Oui, qui sont les « parrains » de ces mafias qui, en Libye ou ailleurs, détroussent, rançonnent, violent, torturent, vendent, tuent ?

Ce que veulent les dirigeants européens, c’est « dissuader » les migrants de partir de chez eux… Et, pour cela, il faut que le parcours d’un migrant devienne un enfer pire que celui qu’il a quitté, pire que les enlèvements et les meurtres de Boko Haram au Nigeria, pire que les bombes et les gaz d’Assad en Syrie. Et, surtout, il faut que ça se sache. Pour que les autres renoncent à quitter leur misère pour ne pas plonger dans une horreur plus grande encore.

Comme ces gens-là n’aiment pas se salir les mains, ils payent des gens pour le faire.

L’enfer libyen : une situation connue et qui était prévisible

Depuis que les avions français avaient, sous Sarkozy, bombardé la Libye, le pays est aux mains de bandes armées, de milices qui terrorisent et rançonnent la population. Demander à la Libye qu’elle retienne les migrants revenait à confier de facto à ces milices la « gestion » des camps de « rétention », des camps immondes dénoncés dans la presse depuis des mois. Les dirigeants européens ne pouvaient pas ignorer comment les brutes sanguinaires qu’ils avaient embauchées allaient s’y prendre.

Pas plus qu’ils ignorent les trafics des « passeurs ». Ou les opérations forcées, voire les assassinats, perpétrés sur les migrants pour que des « chirurgiens » prélèvent sur eux des organes envoyés dans les hôpitaux des pays riches… « Les migrants, cibles du trafic d’organes » titrait le journal Le Monde le 4 septembre dernier.

Il ne s’agit donc pas de simple complicité pour avoir « fermé les yeux » sur les basses œuvres des sbires qu’ils ont embauchés. Ces sbires ont été embauchés justement parce que les gouvernants des pays riches d’Europe savaient qu’ils allaient rançonner, torturer, violer, tuer. Les dirigeants européens les ont lâchés comme on lâche des chiens, à l’image du cynisme et de l’inhumanité de leurs maîtres.

La prochaine fois que vous verrez un Sarkozy, un Hollande ou un Macron faire mine de s’apitoyer sur le sort de la veuve et de l’orphelin, c’est à cela qu’il faudra songer.

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article