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Archives > Éditos L’Étincelle > 2018 > juin > 4

« Escalader l’Élysée pour une régularisation généralisée ? »

L’exploit du jeune Mamoudou Gassama, qui a escaladé quatre étages d’une façade pour sauver un enfant, a fait le buzz dans le monde entier. Macron l’a reçu, félicité et lui a promis une naturalisation rapide. Il pourra faire un service civique chez les sapeurs pompiers de Paris. On est bien sûr content que ce jeune courageux puisse ainsi sortir de la situation de Sans Papiers. Mais, comme l’a dit un humoriste, on ne peut pas demander à chaque immigré sans papiers d’obtenir un « CAP Fort Boyard » pour sa régularisation. Certains d’entre eux travaillent depuis plus de 10 ans dans la restauration, le bâtiment, le nettoyage… Ils ont été bien plus utiles à la société que tous ces riches que le gouvernement bichonne. Faudra-t-il, comme le disaient des manifestants le 2 juin, « escalader l’Élysée pour une régularisation généralisée » ?

Macron minaude, Collomb crache la haine

En fait, Macron tente d’utiliser Mamoudou Gassama pour se redonner, lui le « président des riches », une image d’humanité, alors même que Gérard Collomb, son ministre de l’Intérieur fait voter au Parlement une loi nommée « Asile et Immigration » qui en est totalement dépourvue : elle double le temps maximal de rétention administrative, généralise la possibilité de placer des enfants dans les centres de rétention, divise par deux le temps pour faire appel d’un refus de droit d’asile, codifie le délit de solidarité pour ceux qui aident les migrants…

Et Collomb, sans être jamais désavoué par Macron, multiplie les provocations verbales pour justifier sa politique répressive. Reprenant un mensonge cher au Front national, il déclare le 3 avril que « certaines régions (…) sont submergées par le flux de demandeurs d’asile », alors que la France est l’un des pays d’Europe qui accueille le moins d’immigrés. Puis, le 30 mai, il accuse les migrants de faire du « benchmarking », c’est-à-dire de choisir leur pays de destination en fonction de la législation de ce pays, et en déduit bien sûr qu’il faut durcir les lois contre les migrants.

Démantèlements policiers, tri scélérat

Le quotidien de bien des migrants, c’est bien souvent la rue ou des camps de fortune faute de lieu d’hébergement. La « solution » du gouvernement, ce sont des évacuations musclées (35 en 3 ans sur Paris). Ainsi, le 30 mai, 550 policiers ont évacué le camp de la porte de la Villette à Paris où se trouvaient un millier de migrants, pour la plupart Soudanais, Somaliens ou Érythréens, donc théoriquement éligibles au droit d’asile puisque leur pays est en guerre. Et ce lundi, la police a évacué de la même façon les migrants installés le long du canal Saint-Martin et Porte de la Chapelle à Paris. Ils vont être hébergés pendant quelques jours mais surtout vont être triés entre ceux qui peuvent demander l’asile en France (sans pour autant être sûrs d’être logés pendant les longs mois d’examen de leur demande) et les « dublinés », c’est-à-dire ceux qui ont été enregistrés (contre leur gré bien sûr) dans un autre pays européen et ont vocation, selon les accords de Dublin, à être renvoyés vers ce pays. En 2017, 982 migrants ont ainsi été renvoyés vers l’Italie et 869 vers l’Allemagne… pays qui accueillent pourtant bien plus de migrants que la France.

Mais, de Hollande à Wauquiez en passant bien sûr par Macron et Collomb, on nous explique que la France doit choisir entre loger ses SDF et héberger les migrants, entre s’occuper de ses propres pauvres et accueillir les migrants. Ces gens-là découvrent leurs SDF et leurs pauvres pour justifier leur politique raciste : ces SDF et ces pauvres dont ils réduisent les APL, facilitent les licenciements et suppriment des emplois dans les services publics.

Plutôt la solidarité que la peur

Il n’est pas vrai que la France est menacée de « submersion » : il n’y a eu que 121 200 demandes d’asile en 2017 (et moins de 36 000 acceptées), tandis qu’il y avait 14 859 expulsions. Le nombre total de titres de séjour délivrés en 2017 n’a été que de 262 000, une goutte d’eau pour un pays d’environ 67 millions d’habitants. Et les valeurs portées par Mamoudou Gassama surpassent de loin celles d’un Serge Dassault, d’un Gérard Collomb ou d’un Emmanuel Macron.

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