Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Éditos L’Étincelle > 2020 > janvier > 13

Édouard Philippe tente un faux recul : la lutte continue !

Après 38 jours de grève, Édouard Philippe a lâché un os aux syndicats dits « réformistes », CFDT en tête. Il a suivi les conseils de ses députés, inquiets pour leur réélection, mais surtout d’une extension possible de la grève. Exit, donc, « l’âge pivot », qui impose une décote avant 64 ans. Mais seulement jusqu’en 2027 ! Et à condition que les « partenaires sociaux » trouvent une autre manière de faire reculer l’âge de départ lors d’une pompeuse « conférence sur l’équilibre et le financement des retraites » en avril. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, parle de « victoire ». Mais les grévistes ne sont pas dupes. Pour eux, c’est toujours le retrait du projet qui est à l’ordre du jour.

Il n’y a pas de « partenaires sociaux » : c’est la lutte des classes

Cette conférence est censée « imaginer » de nouvelles mesures d’économies pour rétablir l’équilibre financier avant 2027. Son but ? Examiner par quels subterfuges faire les poches des travailleurs. De toute façon ces marchandages avec la CFDT (ce sont presque des négociations internes au gouvernement) sont un faux semblant qui n’a rien à voir avec la grève et ceux qui la font.

Autre but : faire passer au second plan que l’essentiel est de mettre en place la retraite par points voulue par Macron… et la CFDT.

Il ne s’agirait surtout pas, pour le gouvernement, de faire payer au patronat ce déficit annoncé des régimes de retraites : un déficit pourtant bien maigre face aux allègements de cotisations patronales et plus encore aux dividendes record versés en 2019.

Inimaginable également pour ces « partenaires » d’imposer des embauches dans les grandes entreprises et les services publics, ce qui ferait rentrer de nouvelles cotisations. Que restera-t-il donc ? Reculer, d’une manière ou d’une autre, l’âge de départ en retraite.

D’ailleurs, « l’âge pivot » est toujours d’actualité après 2027, et le gouvernement prévoit déjà qu’il reculera d’année en année pour repousser toujours plus loin la possibilité d’une retraite à taux plein.

Donc pas question ! Le seul financement c’est de faire payer les riches et les exploiteurs en imposant l’augmentation des salaires, l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre tous.

La grève tient bon et de nouveaux secteurs se mobilisent

Les grévistes de la SNCF et de la RATP tiennent bon, malgré la durée record de la grève. La journée du 9 janvier, longuement attendue par les grévistes, a été un succès, avec un nombre de manifestants toujours imposant. Rebelote samedi 11, avec des manifestants de secteurs où il est plus difficile de se mettre en grève, notamment dans les petites entreprises.

Les enseignants étaient à nouveau bien présents, avec leurs banderoles d’établissements. Mais aussi les avocats, qui, le mercredi, avaient jeté leur robe à la figure de la ministre de la Justice venue présenter ses vœux au tribunal de Caen. Quelques cortèges du privé également. Jeudi, à Paris, des ouvriers de PSA Poissy se sont placés sur le parcours pour afficher leur participation. Des grévistes de la SNCF et la RATP étaient allés s’adresser à eux devant l’usine la veille. À Lille, ce sont les ouvriers de l’usine agro-alimentaire Cargill, dont 183 emplois sont menacés, qui ont pris la tête de la manifestation samedi. La lutte contre la réforme des retraites est aussi l’occasion de mettre sur la table toutes les revendications, à commencer par le maintien des emplois : pour un emploi maintenant, pas à 64 ans !

« La grève aux grévistes »

L’extension de la grève est toujours nécessaire, mais aussi sa structuration : avec des comités de grève pour discuter et s’organiser à la base, avec des coordinations par secteurs et interprofessionnelles pour décider ensemble des suites. Certains ont initié de telles coordinations, reste à les renforcer pour en faire de vraies directions démocratiques de la grève. Elles sont plus que d’actualité au moment où certaines directions syndicales commencent à lâcher le mouvement.

Cette semaine, il faut continuer à amplifier la grève pour faire plier le gouvernement et faire que les manifestations de ces jours-ci soient plus massives encore .

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article