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Accueil > Éditos de bulletins > 1999 > mai > 24

Dites que vous ne vous laisserez pas faire, ni par les patrons, ni par un gouvernement de gauche qui mène une politique de droite

Le gouvernement s’apprête à distribuer 25 milliards supplémentaires au patronat sous prétexte de l’aider à passer aux 35 heures. Pour qu’il n’ait pas à augmenter le taux horaire de base de 11,4 %, correspondant à un maintien de la rémunération pour une baisse effective de 39 à 35 heures, la gauche au gouvernement, soucieuse de son bien-être et de ses profits, décide que les salaires en dessous de 1,8 fois le SMIC, bénéficieront d’un abattement sur les charges sociales.

Ces 25 milliards s’ajouteront aux 43 milliards déjà décidé par le gouvernement Juppé pour les salaires en dessous de 1,3 fois le SMIC, et aux 40 milliards d’aide aux 35 heures déjà prévus dans la première loi Aubry. Ce que vante la ministre du travail, face à un patronat qui en voudrait évidemment plus. « Drôle de pays où le patronat se plaint quand on annonce que l’on va consacrer 110 milliards pour alléger les charges cela représente 26 % du coût d’un SMIC ».

Oui ce gouvernement sert au mieux les patrons et continue comme ses prédécesseurs de droite, à puiser dans les finances de l’Etat et dans les caisses de protection sociale pour les satisfaire. Quant aux travailleurs, ils n’auront avec les 35 heures façon Aubry, que le droit d’être toujours plus à la disposition de leurs exploiteurs, avec des charges de travail en augmentation, et d’être toujours davantage à la merci du chômage et de la précarité.

Car présenter la loi des 35 heures comme un instrument de lutte contre le chômage est une sinistre plaisanterie. Le bilan emploi de la loi Aubry dite abusivement loi des 35 heures, est tellement maigre que le ministère est obligé d’additionner les postes réellement créés à ceux qui n’ont pas été supprimés et à ceux qui pourraient être créés, pour aboutir à un chiffre de 56 767 emplois... en un an. Avec toutes les sommes distribuées par l’Etat, ça fait cher de l’emploi ! Et en admettant même que ces emplois recensés ne soient pas « bidon », il faudrait à ce rythme 100 ans pour résorber le chômage dans ce pays ! Les rafales de plans de licenciements qui s’abattent notamment sur les entreprises les plus riches et qui font le plus de profits, montrent clairement qu’on n’en prend sûrement pas le chemin.

Lutter contre le chômage, ce serait d’abord cesser tous les cadeaux de l’Etat au grand patronat et utiliser l’argent ainsi économisé à recréer des emplois stables dans des secteurs utiles comme les hôpitaux, les transports publics, l’éducation nationale.

Ce serait interdire les licenciements sous peine de réquisition de ces entreprises qui font des milliards de profits et qui, en supprimant encore des emplois, en veulent toujours plus.

Ce serait une réelle diminution du temps de travail, sans flexibilité, sans annualisation, sans baisse ou blocage de salaire, avec embauche correspondante en contrepartie.

Ce serait taxer beaucoup plus les hauts revenus et les profits spéculatifs. Et pour que ces mesures soient effectives, il faudrait rendre publics les comptes réels des grandes entreprises, comme les comptes en banque de leurs gros actionnaires.

C’est ce programme que défend la liste de Lutte Ouvrière et de la Ligue Communiste révolutionnaire, conduite par Arlette Laguiller et Alain Krivine, qui se présente aux élections européennes du 13 juin prochain. Un programme pour permettre aux travailleurs de s’opposer à l’offensive menée par les patrons et ce gouvernement à leur service. Offensive qui s’amplifiera après les élections, notamment contre les retraites, tant du secteur public que du secteur privé, et contre les conditions de travail et les salaires dans le cadre de la seconde loi Aubry.

Et l’Etat sait encore trouver de l’argent pour financer une sale guerre que paye le peuple kosovar, victime d’une épuration ethnique accélérée, ainsi que la population serbe bombardée qu’on frappe à la place de Milosevic.

En votant pour la liste L.O.-L.C.R., vous direz clairement que vous ne voulez pas de cette politique contraire à vos intérêts. Et plus nous serons nombreux à le faire, mieux nous serons en mesure de préparer les luttes qui seules pourront vraiment faire reculer patrons et gouvernement.

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