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Samedi 16 mai à Strasbourg : déconfinement policier sans masque !

Récit de Gilets jaunes

24 mai 2020 Article Politique

Le 16 mai, les Gilets jaunes de Strasbourg et des ronds-points périphériques s’étaient donné rendez-vous pour le premier samedi de « déconfinement de la colère ». Pour ces premières retrouvailles en plein air, le mot était passé, par le bouche-à-oreille numérique. Rendez-vous place la République, pour renouer avec les assemblées du samedi (depuis décembre 2018), avant de partir pour une manifestation annoncée sur les réseaux sociaux.

Pelouse interdite !

À 11 heures, ils arrivent donc petit à petit sur le terre-plein central de la place, et sa pelouse. Mais les cars de police sont là, escortés par les habituels agents de la BAC. La première injonction ne tarde pas : « Madame, regagnez le trottoir, les jardins publics sont interdits », désignant ainsi la pelouse, largement investie la veille et le lendemain par des Strasbourgeois s’offrant une pause au soleil… Qu’à cela ne tienne, un petit groupe de dix Gilets jaunes, à plus d’un mètre 50 les uns les autres, masque sur le visage, commence à se former sur les bas-côtés goudronnés de la place. Mais lorsque les suivants arrivent pour former un deuxième groupe de dix, ils sont rapidement repoussés par la police vers le premier. « Ils sont plus de dix » crie celui qui ressemble à un gradé, et dans la minute qui suit, les troupes arrivent : contrôle d’identité, ouverture de sac, et amende de 135 euros ! Un des Gilets jaunes qui refuse de présenter ses papiers est plaqué de manière musclée sur le toit d’une voiture de police, menotté et emmené illico presto au commissariat, dont il ne sortira que quatre heures plus tard.

Rodéo policier dans les rues du centre-ville

Sur la place où devait démarrer la manifestation, c’est maintenant le double de cars de police, et quelques caméras de télévision qui s’installent. Chasse aux éventuels « cortèges » et les contrôles recommencent de plus belle. Des petits groupes de Gilets jaunes partent sillonner les rues du centre-ville, mêlant les « On est là ! » aux slogans de soutien aux revendications du personnel soignant et de dénonciation des ordonnances d’état d’urgence sanitaire. La chasse à l’amende continue, certains se faisant contrôler six à sept fois sur leur parcours.

Une partie des Gilets jaunes et autres présents se rend ensuite au rassemblement à l’appel du NPA, déclaré et autorisé par la préfecture. À peine un quart d’heure plus tard, les forces de l’ordre – les policiers n’étant pas tous masqués –, repoussent violemment les manifestants vers les rails du tram. Et là, pas de distanciation sociale qui tienne ! Un des militants, inspecteur du travail à la retraite, est plaqué violemment au sol et interpellé. Il fera 24 heures de garde à vue pour « rébellion et refus de se disperser », dans un commissariat où le port du masque est l’exception et non la règle ! Mais pour la préfète du Bas-Rhin, qui n’a pas tardé à se fendre d’un communiqué, ce sont « de telles manifestations qui favorisent la propagation du coronavirus ». Sans doute craint-elle surtout la propagation des colères ! En tous cas, les Gilets jaunes sont bien décidés à ne pas en rester là.

Claude Rich

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