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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 124, janvier-février 2019 > Gilets jaunes, la lutte continue

Dans l’estuaire de la Loire, les Gilets jaunes s’organisent

5 février 2019 Convergences Politique

Le rond-point de Méan, du nom de Méan-Penhoët, le quartier des Chantiers Navals de Saint-Nazaire, est un point stratégique d’occupation et de blocage pour les Gilets jaunes. Une sortie donne sur le pont qui traverse l’estuaire, une autre mène au port international. Il est tenu jours et nuits par une petite équipe soudée qui fait en sorte qu’il y ait toujours quelqu’un. L’enjeu, c’est surtout de « montrer qu’on est toujours là, sur les ronds-points », dit une ouvrière d’une usine de laiterie, installée sur un des fauteuils rassemblés à côté de la cabane. Quelques centaines de mètres plus loin, un deuxième rond-point, à l’entrée du pont, est tenu par une autre équipe avec sa propre cabane et ses propres AG. Des ronds-points occupés comme ceux-là, il y en a bien cinq ou six dans tout l’estuaire, de Saint-Nazaire à Donges, et en passant de l’autre côté du pont, à Saint-Brévin.

Chaque groupe s’organise indépendamment des autres et, malgré des tensions entre les groupes, tous sont en contact les uns avec les autres et avec la Maison du Peuple de Saint-Nazaire (MDP) pour tenir les ronds-points, organiser des diffusions de tracts sur le bord des routes ou dans leur quartier. La question du rapport aux médias prend de la place et conduit à vouloir créer ses propres médias : on se méfie des journalistes de BFM et Cnews qui s’empressent à la Maison du peuple. Et on remarque l’absence de relais médiatique du blocage de la raffinerie de Donges de 4 heures à 9 heures du matin jeudi 24 janvier et deux semaines auparavant.

Se coordonner pour gagner

Coordonner les actions dans l’estuaire, organiser des « AG des AG », donc assurer le contact et le soutien entre équipes… en vue disent ceux qui interviennent, du « blocage de l’économie » dans l’estuaire. « Bloquer le port international, les chantiers navals, Airbus, la raffinerie de Donges, et toutes les entreprises présentes sur le territoire entre Saint-Nazaire et Donges porterait un sacré coup à l’économie nationale et mondiale, et enverrait un message fort au gouvernement. »

Et la grève ? Beaucoup y pensent, surtout que, dans certaines boîtes, « la moitié est Gilets jaunes ». Reste à établir les contacts, ce n’est pas encore gagné...

En ville, à Saint-Nazaire, les ronds-points et la Maison du peuple rassemblent aussi bien des retraités, des chômeurs, des précaires, des zadistes, des ouvriers des entreprises du coin, grosses et petites, que des profs et des « autoentrepreneurs ».

La question des syndicats est loin d’être consensuelle. À la MDP, par exemple, la moitié des participants s’en méfie comme de la peste : « On ne peut pas faire appel à eux, ils vont récupérer le mouvement », « Dès qu’ils auront ce qu’ils veulent, ils arrêteront ». Malgré tout, certains Gilets jaunes qui sont aussi militants syndicaux (surtout CGT) ont initié avec d’autres un groupe de travail sur la question du lien avec les syndicats, et la façon d’éviter tous les écueils dans lesquels ces derniers pourraient conduire le mouvement. En fin de compte, un appel a été lancé en direction des syndicats, auquel la CFDT a répondu positivement : des « rencontres collectives » devraient avoir lieu.

Face aux blessés et aux arrestations, une détermination redoublée

Plus que sur le RIC ou le débat voulu par Macron et qui n’intéresse pas grand-monde, le gros des discussions porte avant tout sur les fins de mois difficiles, la solitude, le ras-le-bol général. Et la répression. On peut lire sur la page Facebook de la MDP que « Cinq personnes ont été interpellées le 16 janvier à leur domicile ou sur leur lieu de travail, suite à une enquête concernant la manifestation des Gilets jaunes du samedi 5 janvier à Saint-Nazaire [...]. Cette manifestation départementale était elle-même organisée en écho aux violences policières, qui auront fait deux blessés graves à Nantes (originaires de Saint-Nazaire et des environs) suite à des tirs de flashballs effectués alors que les victimes tournaient le dos aux forces de l’ordre... » Comme le disent de nombreux Gilets jaunes : « Plus ils nous tirent dessus, plus on est énervés ! » La détermination ne flanchera pas. 

25 janvier 2019, Correspondante

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