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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > décembre > 8

Contre Macron et son monde, continuons le combat !

Les manifestations du jeudi 5 décembre ont été un énorme succès partout en France. Au total, plus de 800 000 manifestants ont défilé contre l’attaque généralisée de nos systèmes de retraite. Même dans les plus petites villes, ces manifestations ont rassemblé des milliers de personnes. Les grèves ont démarré très fort dans les secteurs en lutte, avec des taux de grévistes supérieurs à la mobilisation de 1995. A la SNCF, à la RATP en région parisienne, chez les enseignants, la participation à la journée du 5 a été massive, et la grève a été reconduite, avec l’objectif de passer le week-end et de montrer au gouvernement que la lutte allait s’ancrer dans la durée, jusqu’au retrait de la réforme des retraites. D’autres secteurs, comme les postiers, les hospitaliers ou les pompiers, des salariés du secteur privé, ou des gilets jaunes, ont aussi participé aux manifestations.

Tous visés par l’attaque !

Car avec son projet de retraite à points, calculés sur toute la durée de la carrière, Macron et son gouvernement font l’unité contre eux. Nous tous, salariés, subirons une baisse du montant de nos pensions, quelles que soient nos professions, quels que soient nos statuts. Arrogants comme à leur habitude, ils nous disent que nous sommes en colère parce que nous n’avons pas compris ! Mais il n’y a pas besoin d’avoir bac +10 pour comprendre que si le montant de la retraite est calculé sur l’ensemble de la carrière, et non sur les 25 dernières années, la retraite va forcément baisser. Sans compter que la valeur des points cotisés n’est même pas garantie. Blanquer, ministre de l’éducation, a écrit aux enseignants la veille du 5 décembre : il ne faut pas s’inquiéter, « le gouvernement mettrait en place un minimum de 1 000 euros de pension pour une carrière complète ! » Voilà qui est tout sauf rassurant ! Vu des salons gouvernementaux, 1 000 euros de retraite, c’est... royal ? Sans compter que les salariés seront peu nombreux à avoir une carrière jugée complète, avec les périodes de chômage et le recul de l’âge de départ. Ils prétendent que les retraites ne seraient pas financées ? Qu’ils embauchent ! Qu’ils augmentent nos salaires !

Avis de tempête pour le gouvernement

Actuellement, pour Macron-Philippe, c’est panique à bord, même s’ils font mine de rester ferme à la barre. Leur beau calendrier, avec vote de la réforme des retraites tranquillement après les municipales, est bouleversé. Grévistes et manifestants veulent l’abandon de ce projet ici et maintenant. Philippe avait annoncé qu’il allait prendre la parole à la fin de cette semaine, il a dû avancer son allocution à mercredi après l’annonce d’une nouvelle journée de grève et de manifestation mardi 10 décembre. Il mise sur des négociations avec les directions syndicales, qui ne sont jamais indifférentes à quelques égards ... Mais la pression à la base est tellement forte qu’il ne semble pas qu’en lâchant sur telle ou telle catégorie de salariés, ou en maintenant l’attaque uniquement pour les plus jeunes, la colère puisse aussi facilement retomber.

Partout, des liens qui se créent entre salariés en lutte

Une dynamique est déjà en place dans de nombreuses villes, de nombreux quartiers : des étudiants, des profs, se rendent dans des assemblées générales de cheminots ou de salariés de la RATP, ou viennent les soutenir sur leurs piquets de grève. Des salariés de la RATP rendent visite aux cheminots. Des assemblées interprofessionnelles sont organisées. Des coordinations se mettent en place. Le slogan des cheminots, « la grève aux grévistes », montre la voie : à nous de rejoindre la lutte, en nous organisant avec d’autres salariés autour de nous, pour approfondir le mouvement. Nous en avons tous par-dessus la tête de Macron et son monde, de ce gouvernement au service des ultra riches, qui déborde de mépris et multiplie les attaques, se croyant tout permis, les mains libres pour nous retirer le peu que nous avons. Non, tout n’est pas permis, et c’est pour cela qu’il faut amplifier la lutte et participer massivement à la journée de grève et de manifestation du mardi 10 décembre. Soyons encore plus nombreux dans la rue, pour les faire battre en retraite.

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