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Éditorial de l’Étincelle du 2 novembre 2020

Confinement, saison 2 : Tous au charbon ?

Nous voilà donc face à cette deuxième vague de l’épidémie. Le gouvernement pris « par surprise » ? Personne ne l’avait vu venir ? Elle serait tellement plus sournoise que la première : elle ne nous contamine que quand on prend un verre avec des amis, ou quand on va au cinéma. Jamais au boulot. Jamais dans les transports bondés, dans les écoles. En somme, elle ne faiblit que devant le chiffre d’affaires des grands patrons. C’est vrai qu’une mutation pareille, un virus intelligent qui éviterait bureaux et usines, aucun scientifique ne pouvait la prévoir !

Petits commerces et grosses incohérences

Face au coronavirus, « confinement » oblige, certaines entreprises vont donc fermer : petits commerces, librairies, coiffeurs, bars, restaurants… Les productions dites « non essentielles ».

Mais qu’est-ce qui est « essentiel » ? Aller chez le fleuriste, ça ne l’est pas. Mais vous pouvez aller à Truffaut, Gamm Vert et autres Jardiland. La différence ? Ne cherchez pas : le premier est un petit commerçant – un petit patron, certes, parfois dur avec ses salariés, mais un petit. Les seconds sont de grandes chaînes de distribution. L’« essentiel » pour Macron-Castex est de préserver les poids lourds du capitalisme. Les grandes entreprises, elles, peuvent tourner à plein régime. Il aura fallu l’indignation bien compréhensible des libraires, relayée il est vrai par l’opposition de droite soucieuse de regagner un électorat, pour forcer le gouvernement à rétropédaler et faire fermer les rayons Livres de la Fnac ou des grandes surfaces.

Du boulot au couvre-feu

Pour les travailleurs, le confinement deuxième édition porte bien mal son nom. On part le matin au travail, on envoie les gosses à l’école, le soir tout le monde à la maison… C’est juste… comme d’habitude. Il n’y a que le weekend où l’on sera vraiment confinés… quand les grandes entreprises sont à l’arrêt !

Pour eux, le travail doit continuer. Alors on ne touche à rien en production, là où le télétravail est impossible. Ce dimanche, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a osé affirmer : « Il n’y a pas de contaminations au travail. » Elle blanchit ainsi les patrons qui, aidés de leurs chefs, cachent les cas de Covid-19, refusent d’en donner le nombre… C’est au prix de ces mensonges qu’on peut prétendre que nous ne risquons rien au travail.

Et l’on envoie les gosses à l’école où le « renforcement » du protocole sanitaire est bidon vu que personne n’a été recruté dans les établissements scolaires et qu’on ne peut pas repousser les murs : avec 35 élèves par classe des heures durant, comment oser encore parler de gestes barrière ? Mais le gouvernement s’en moque, pour lui, l’école sert de garderie du Medef. Si nous ne sommes pas contaminés au boulot ou dans les transports, nous le serons par nos gosses ? Le Covid a ainsi de beaux jours devant lui..

Si le système de santé craque, ce n’est pas la faute du virus

La deuxième vague pourrait bien dépasser celle de mars. Les lits de réanimation sont saturés ou en passe de l’être. Nous voilà avec la même situation qu’au printemps : le même manque de respirateurs, de personnel, la même absence d’embauches, le même chantage aux heures supplémentaires chez les soignants. Jusqu’à faire travailler des employés Covid-positifs, comme à Toulouse. Non, on exagère, on a les masques, des masques qu’il faut payer de sa poche pour les gosses et, bien souvent, pour nous.

Qu’est-ce qui a été fait depuis mars ? Où sont les créations de lits en réanimation ? Durant l’été, certains ont même été fermés ! Dans la foulée de la politique menée depuis des années : en 15 ans, au total, ce sont 68 170 lits qui ont été supprimés. On en est de nouveau à repousser les autres interventions pour donner la priorité aux patients Covid. L’hôpital fonctionnait déjà à la limite de l’implosion en période calme.

Le gouvernement ne se sent responsable que de la profitabilité des grandes entreprises. Vis-à-vis de nous, il est fier de son irresponsabilité. Conclusion ? Ne confinons pas nos colères !

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