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Accueil > Éditos de bulletins > 2015 > février > 9

Comment prêter main forte au peuple grec

Le nouveau premier ministre grec Alexis Tsipras a eu beau faire la tournée des chefs d’État européens, Hollande et Merkel n’ont pas tardé à resserrer l’étau financier autour du gouvernement Syriza. La Banque centrale européenne a décidé de limiter les prêts aux banques grecques. Voilà avec quelle arrogance les représentants du capitalisme européen répondent au vote du peuple grec contre l’austérité.

Par ailleurs, différentes enquêtes nous révèlent que l’évasion fiscale des banques et grandes entreprises pour la seule Europe se monte à 1000 milliards d’euros… chaque année ! Ce vol organisé, cumulé au fil des ans, représente sans doute des centaines de fois le total de la dette grecque. Il n’empêche, pour Hollande, Merkel et leurs pareils, c’est au peuple grec, saigné par cinq ans d’austérité… de payer, repayer et encore payer. Histoire de nous montrer ce qui nous attend. À la mafia des 1 % de la population l’impunité. Aux exploités le désespoir… ou espérons-le, la révolte.

Plus le mensonge est gros

Fin janvier, des démagogues ont fait circuler une information mensongère, selon laquelle une annulation de la dette grecque coûterait aux contribuables français et allemands de 600 à 800 euros par habitant. Depuis, même des journaux patronaux comme La Tribune ou Le Figaro ont dû démentir et annoncer qu’en réalité cela reviendrait tout au plus à 10,5 euros par contribuable, à supposer que l’État français compense le manque à gagner des intérêts versés par la Grèce par une augmentation d’impôts. Ce qu’il ne ferait même pas, car l’État français finance sa dette publique en empruntant sur les marchés financiers à des taux quasi nuls… Privilège des pays capitalistes en position de force !

Et rappelons qu’en fait, ce qu’on appelle « les plans d’aide » à la Grèce ont rapporté de l’argent à des États comme la France et l’Allemagne, qui ont emprunté à des banques privées à des taux d’intérêt de 0,5 % ou 1 % pour ensuite prêter à la Grèce à 3 ou 5 %, empochant de fait la différence.

Résultat de ces prétendus plans d’aide en échange de plans d’austérité : près de 200 000 postes de fonctionnaires grecs ont été supprimés depuis quatre ans ; un million et demi d’habitants sur les 11 millions que compte le pays n’ont plus accès aux soins ; les conditions de scolarité ont été bradées, etc.

Et dans la même veine, la crise grecque a permis aux patrons de toutes nationalités de s’engraisser en rachetant à bas prix des entreprises publiques, des plages et des îles mises aux enchères, mais aussi en exploitant à outrance leurs salariés, la législation du travail ayant été démantelée et le Smic abaissé à 580 euros.

Rien ne sert de quémander aux chefs d’État

Alors, ce ne sont pas les gentilles tournées européennes du premier ministre Alexis Tsipras ou de son ministre des Finances auprès des gouvernants et des banquiers d’affaires européens qui infléchiront les choix de ces rapaces. Ils auraient mieux fait de s’adresser directement aux différents peuples européens, car c’est d’une tournée européenne des luttes dont ont besoin les travailleurs, les chômeurs et les jeunes d’Europe.

Quand les peuples en colère s’uniront

Parce que si l’austérité a été appliquée avec une brutalité sans précédent en Grèce, elle est aussi mise en œuvre dans tous les pays d’Europe.

Et les dernières grèves et manifestations de masse en Italie, en Belgique ou encore en Espagne ont mis en évidence des aspirations communes à un salaire et un logement décents, à l’accès aux soins et à l’éducation pour tous, au partage du travail entre tous. Pour que ces aspirations se réalisent, nous devrons nous en prendre directement aux profits des banques et des grands groupes capitalistes.

Cela nécessitera l’élan international et solidaire de tous les travailleurs, avec nos méthodes, dans la rue, par la grève, ne comptant que sur la force de nos mobilisations d’ensemble, par-delà les frontières.

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