Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Les articles du site

Comment dit-on « peste brune » en danois ?

4 juin 2021 Article Monde

Le gouvernement social-démocrate de Copenhague, dirigé par Mette Frederiksen, vient de faire adopter à la Chambre des députés, par 70 voix contre 24, une loi qui stipule que tout demandeur d’asile qui mettra le pied sur son territoire danois, sera arrêté, enregistré puis renvoyé dans un pays en dehors de l’Union européenne, sans certitude de pouvoir revenir. Il s’agit, dans la pratique, de financer l’ouverture, à l’étranger, de centres de rétention pour demandeurs d’asile. Des pourparlers sont déjà bien avancés avec le Rwanda, qui négocie parallèlement un accord semblable avec Israël. Mais d’autres pays africains, bien connus pour bafouer les droits humains, ont été approchés comme l’Égypte, l’Érythrée et l’Éthiopie.

Concrètement, un demandeur d’asile entré au Danemark sera d’abord fiché, puis envoyé en Afrique. Si sa demande d’asile est refusée il devra quitter le pays « hôte ». Mais même si elle est acceptée cela ne signifiera pas pour autant que le malheureux pourra revenir dans le royaume nordique. Comme le dit le texte de loi, « le Danemark n’aura pas à fournir de protection au cas où l’étranger obtiendrait l’asile ». En revanche, la protection devra être assurée par le pays tiers… s’il le veut bien. Quelques rares exceptions seront possibles pour les personnes malades mais pas pour les mineurs isolés. À terme, le Danemark veut atteindre l’objectif de zéro demandeur d’asile sur son territoire.

L’exemple australien

Pour mettre au point leur législation, les sociaux-démocrates se sont inspirés à la fois des idées et des revendications de la droite et de l’extrême droite danoises (qui ont massivement approuvé le texte de loi), mais aussi de l’Australie qui a mis en œuvre de telles mesures. Depuis 2013, ce pays renvoie systématiquement réfugiés, demandeurs d’asiles et migrants sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou au Nauru, un minuscule État insulaire d’Océanie.

Et, si la Commission européenne s’est « indignée » de ce vote, il faut rappeler qu’elle-même n’hésite pas à payer des pays comme la Libye, la Turquie ou le Maroc pour éviter que des réfugiés n’atteignent l’Europe occidentale.

Bienvenue dans « le monde libre ». 

JL

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article