Chantage aux salaires et à l’emploi : retour à l’envoyeur !
19 décembre 2005 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Le groupe Bosch vient d’engager une nouvelle offensive contre ses salariés. L’équipementier automobile a annoncé son intention de faire passer le temps de travail de ses 10 400 salariés en France de 35 à 40 heures par semaine. Et cela sans aucune augmentation de salaire !
C’est à une plus grande échelle la suite d’une attaque commencée l’an dernier. En juillet 2004, le groupe avait appelé les 820 salariés de son usine de Vénissieux à voter pour le passage des 35 aux 36 heures. Pour faire accepter ce recul, la direction avait brandi la menace d’une délocalisation. Des syndicats avaient appelé à accepter ces conditions et une grande majorité du personnel avait fini par s’incliner. Pour justifier les nouvelles attaques, le PDG invoque la nécessité de « maintenir la compétitivité d’un outil industriel en France ». Selon lui les responsables seraient les concurrents et les pays à main d’oeuvre bon marché.
La réalité c’est que les patrons ont tous les culots tant qu’ils ne craignent pas un retour de bâton. Il n’y a pas que Bosch. C’est aussi le cas du géant de l’informatique Hewlett-Packard : annonçant mi-septembre la suppression de 1240 emplois, HP vient de ramener ce chiffre à 940 en échange d’une renégociation de l’accord sur le temps de travail. Diminuer d’un quart le nombre de suppressions d’emplois est cyniquement présenté comme une concession, accordée en échange d’un allongement du temps de travail.
Bosch et HP ne sont que deux exemples. Ce genre de chantage est exercé par le patronat dans tous les secteurs, grandes et petites entreprises. Les patrons veulent convaincre les travailleurs qu’ils n’ont le choix, vu les contraintes économiques, la mondialisation, ou autres fatalités, qu’entre la peste et le choléra : baisse des salaire ou licenciement... ou les deux à la fois !
Accepter ce type d’accord n’évite pas le pire. La preuve ! La fatalité économique invoquée par ces patrons n’est qu’un mensonge. Bosch est le n°1 mondial dans son secteur, avec un chiffre d’affaires en augmentation. Bosch et HP ont engrangé largement assez de profits ces dernières années pour embaucher et augmenter les salaires. Quant aux bas salaires des pays pauvres, de tels grands groupes en sont en grande partie responsables. Ils y sont largement implantés, font partie des employeurs, directement ou par l’intermédiaire de sous-traitants.
Les menaces du chômage, de la précarité, pèsent sur tous les travailleurs et ils utilisent cette pression dans un seul but : exploiter les travailleurs à plus bas prix pour faire toujours plus de profit. Le patronat est secondé dans ces basses oeuvres par tous les gouvernements successifs. Les 35 heures de Jospin, les travailleurs les avaient déjà payées cher, par davantage de flexibilité et dans de nombreux cas par des baisses de salaires. La loi Fillon de 2003 avait déjà pour but d’ « assouplir » encore les 35 heures à la convenance des patrons.
Le patronat mène certes son offensive une entreprise après l’autre, mais ce serait une erreur de croire qu’après Bosch, HP, les autres travailleurs seront épargnés. Ce sont les salaires, les conditions de vie et l’emploi de toute la classe ouvrière dans son ensemble qui sont dans le collimateur des capitalistes. Nous devons donc répondre collectivement à ces attaques. Pas en ordre dispersé, entreprise par entreprise, comme on l’a vu récemment, pour être battus chacun notre tour. D’autant que ces attaques s’ajoutent à bien d’autres, sur les retraites, sur la santé, sur le service public.
Nous avons les moyens de faire reculer le patronat, de lui faire craindre que ses mauvais coups se traduisent, contrairement à ses espoirs, par la chute brutale de ses profits. Parce que nous avons, en arrêtant le travail tous ensemble, les moyens de bloquer ce qui en est la source. Et nous aurions même les moyens, avec un peu d’organisation, de contrôler les déplacements de capitaux, d’empêcher qu’ils se fassent à son gré, car ce sont aussi des travailleurs qui font fonctionner l’appareil bancaire.
Prenons conscience de notre véritable force, servons-nous en !


Réactions à cet article
1. > Chantage aux salaires et à l’emploi : retour à l’envoyeur ! , 20 décembre 2005, 10:19
c est un scandale il faut se mobiliser pour empecher cette derive
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