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Canada : doit-on brûler les livres racistes  ?

8 septembre 2021 Brève Monde

Alors que les élections législatives approchent au Canada, une question s’est invitée dans la campagne : doit-on brûler les livres racistes, ou jugés comme tels, notamment à l’encontre des Autochtones, c’est-à-dire des Indiens et des Inuits  ? C’est un reportage de Radio Canada qui a soulevé le lièvre mardi 7 septembre en signalant qu’en 2019 le Conseil scolaire catholique de Providence, dans le sud-ouest de l’Ontario, avait fait un autodafé (c’est-à-dire envoyé au bûcher) d’une trentaine de titres jugés «  inappropriés  » lors d’une «  cérémonie de purification par la flamme  ». Outre le fait que les autodafés (littéralement les «  actes de foi  ») rappellent de très mauvais souvenirs, depuis l’Inquisition jusqu’aux nazis, on ne voit pas en quoi brûler des livres aiderait à faire disparaitre le racisme, à l’égard des Autochtones ou de tout autre groupe humain. L’ethnologue huronne Isabelle Picard, conseillère aux affaires autochtones pour Radio-Canada, et autrice du reportage, a précisé : «  Tous mes amis autochtones qui relaient cet article semblent contre cette pratique… On oublie toujours qu’on veut une démarche de vérité et réconciliation. La vérité, ça passe par la re-situation du passé dans ce qu’il a de plus dur. Si on efface le passé, il n’y a pas de réconciliation possible.  » Et, pour conclure, l’opinion de Jean-Philippe Uzel, spécialiste universitaire de l’art autochtone : «  Brûler des livres, c’est réécrire l’histoire. Et le faire devant des enfants dans un but éducatif, c’est une aberration totale.  »

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