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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > novembre > 4

C’est la lutte mondiale…

D’Alger à Santiago du Chili, de Port-au-Prince à Hongkong, de Beyrouth à Panama, d’un continent à l’autre on se soulève. La révolte est profonde, la détermination des millions de manifestants immense. Et les mobilisations perdurent, malgré les répressions policières et militaires. C’est que l’enjeu, à chaque fois, est fondamental : la chute de tous les systèmes en place, y compris ces prétendues démocraties qui infligent leur dictature aux pauvres. De quoi faire écho ici même, où fermentent les mêmes colères et les mêmes aspirations.

À chaque fois, il aura fallu un événement déclencheur. Au Liban, ce sont les nouvelles taxes, dont celle de 18 centimes d’euros sur les appels Whatsapp. Au Chili, c’est l’augmentation du prix du ticket de métro de Santiago de 30 pesos (4 centimes). En Haïti, en Équateur ou au Liban, pénuries ou augmentations du prix de l’essence ont mis le feu.

Causes communes

Mais ces mouvements ne s’arrêtent pas là. Ils dénoncent un monde et des régimes de plus en plus durs pour les pauvres, les exploités. Au Liban, cela fait des années qu’on manifeste contre les coupures d’électricité ou la crise de la collecte d’ordures. En Irak, dès 2015, en pleine guerre civile, on manifestait déjà pour l’existence de services publics. Au Chili, santé et éducation sont hors de prix.

Les inégalités sont devenues insupportables. Au Chili, le pays le plus inégalitaire de l’OCDE (les pays dits « développés »), cinq familles détiennent 25 % de la richesse du pays. À l’image de ces 26 milliardaires possédant autant de richesses que la moitié de la population mondiale.

Le président chilien Piñera fait partie de ces milliardaires qui ont fait fortune pendant la dictature de Pinochet. En Algérie, on dénonce la aïssaba (le gang), au Liban, les harami (voleurs) à la tête de l’État.

A chaque fois, c’est remarquable, on constate le haut degré de conscience politique des manifestants : au Liban et en Irak, ils dénoncent le système confessionnel, qui fait que la population est mise à la remorque des notables de chaque communauté religieuse. En Algérie, notamment lors de l’énorme manifestation du 1er novembre, on réclame la « nouvelle indépendance », car la première a été confisquée par les cliques au pouvoir. Au Chili, les manifestants scandent « ce ne sont pas 30 pesos, ce sont 30 ans », s’opposant aux 30 années de politiques anti-ouvrières qui ont continué après la fin du régime militaire de Pinochet.

« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Les travailleurs, par la puissance qu’ils représentent quand ils sont organisés, peuvent peser dans ces débuts de révolutions. Au Chili, le soulèvement a pris une autre dimension à partir de la grève générale et des manifestations massives : difficile alors pour le pouvoir d’affronter frontalement des millions de travailleurs qui prennent parti pour la jeunesse révoltée.

En France, nous n’en sommes pas encore à descendre par millions dans la rue. Mais le mouvement des Gilets jaunes est lui aussi parti d’une étincelle (le prix du carburant) et a remis en cause la baisse du niveau de vie de la population, l’accroissement des inégalités et la petite clique arrogante au pouvoir bien à l’image de la grande bourgeoisie dont elle défend les intérêts.

Le gouvernement a poursuivi sa politique anti-ouvrière, notamment avec la réforme des retraites et cette dernière provocation de la baisse des indemnités de chômage. Mais il y a eu la surprise de cette journée de grève massive dans le métro parisien. Puis les grèves récentes à la SNCF, tout comme le mouvement au long cours dans les hôpitaux, montrent que les ferments de la colère pourraient bien gagner l’ensemble des travailleurs.

Le 5 décembre prochain, plusieurs confédérations syndicales, ainsi que les Gilets jaunes, appellent à une journée de grève contre la réforme des retraites. À nous d’en faire le point de départ d’une vaste riposte au gouvernement, d’un nouvel épisode de la lutte de classe.

Le 5 décembre, tous ensemble, à l’exemple des révoltés du monde entier, tous en grève et dans la rue !

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